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Mgr Guillibert pour la dernière fois au balcon du palais épiscopal de Fréjus (aujourd'hui l'Hôtel de Ville) lors de son expulsion le 19 décembre 1906. 

"Gardien responsable des biens de l'Eglise, en ce diocèse, je proteste, tout d'abord contre l'usurpation qui est faite de la demeure épiscopale. Ma protestation n'atteint pas ceux qui sont ici, simples agents exécutifs d'une mesure qu'ils n'ont point prise ; je l'adresse aux véritables auteurs de la spoliation qui, jointe aux autres attentats, vainement abrités sous le couvert de la loi, ravit à des citoyens français, parce qu'ils sont consacrés à Dieu et ont vécu en faisant le bien aux petits et aux humbles, leurs droits les plus sacrés.

Les arrêtés d'apposition du séquestre portent que l'évêché de Fréjus est bien d'Eglise. En effet, les tours crénelées et les épaisses murailles encore debout du vieux château de l'évêque Riculphe, qui défendit la cité contre les Sarrazins, nous le disaient déjà assez. Passé à la Commune sous la Révolution, il fut cédé à Mgr de Richery, premier évêque du siège depuis le Concordat, en échange d'une propriété lui appartenant qu'il donnait volontiers pour la construction d'un hôpital, et c'est ainsi que l'évêché est entré dans la propriété de la mense.

On m'offrait de me louer mon bien...Ma dignité s'y refuse ; et la destination ultérieure du prix du loyer, que je devais emprunter à mes amis, ne me le permet pas.

Je cède devant la force, joyeux de partager le simple logis que m'offre la charité de mes prêtres et que de cordiales affections veulent aussi me préparer en cette ville qui m'est chère car ma vie lui appartient.

Je cède devant la force, froissé de voir mon pays marcher ainsi à sa ruine ; et constatant avec douleur que si, dans le peuple, un grand nombre est avec nous, les masses dans leur ensemble, trompées par l'égoïsme des ambitieux, des cupides et des traitres, ne sentent pas suffisamment encore que ce sont les ouvriers et les cultivateurs qui, comme toujours, pâtiront le plus en France du mépris affiché de Dieu, de l'oubli des services rendus par l'Eglise à la civilisation, et de la destruction de la liberté".


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