16 juin

1875 - 16 juin - 2017

142e anniversaire de la consécration de la Catholicité au Sacré-Coeur de Jésus


Le 22 avril 1875, la Sacré Congrégation des Rites rend un décret par lequel elle approuve l'acte de consécration au Sacré-Cœur qui a été présenté à Pie IX par le Père Henri Ramière, soutenu dans cette démarche par un nombre considérable de religieux et de laïcs (534 évêques, archevêques ou cardinaux, 23 supérieurs généraux d'Ordres religieux, etc.). Pie IX revêt l'acte de son approbation et charge le Père Ramière de le communiquer à tous les évêques du monde, avec invitation de le porter à la connaissance des fidèles. Il est proposé de le réciter, en union avec le Souverain Pontife, le 16 juin de cette même année, au jour du deux-centième anniversaire de la principale apparition du Christ à Marguerite-Marie. 

« Après avoir pesé devant Dieu l'importance de cet acte, et voulant donner satisfaction aux très pieux désirs qui lui ont été manifestés, Sa Sainteté approuve l'acte de consécration joint à ce décret, et elle le propose à tous les fidèles désireux de se consacrer au très Sacré Cœur de Jésus. Tous les fidèles chrétiens, en se consacrant au divin Cœur de Jésus en la même forme, attesteront d'une manière plus frappante l'unité de l'Eglise. Ils trouveront dans ce divin Cœur un refuge inattaquable contre les dangers spirituels qui les environnent, la force d'âme dans les tribulations actuelles de l'Eglise, enfin la consolation et une espérance inébranlable au milieu de toutes leurs angoisses. » 
Extrait du Décret du 22 avril 1875, in P. Nilles, De rationibus festorum Sacratissimi Cordis Jesu et purissimi Cordis Mariae, Paris, Lethielleux, t. I, p. 207. 
Résultat de recherche d'images pour "coeur sacré de jésus"« Ô Jésus ! mon Rédempteur et mon Dieu, malgré l'immense amour qui vous a porté à répandre tout votre sang précieux pour les hommes, ils ne vous refusent pas seulement leur amour, mais ils vous offensent, vous outragent, blasphèment votre nom et profanent les jours consacrés à votre culte. Ah ! puissé-je offrir quelque satisfaction à votre Cœur divin ! puissé-je réparer l'ingratitude dont vous êtes la victime de la part du plus grand nombre des hommes ! Je voudrais pouvoir vous prouver combien je désire, en présence de tous, honorer votre Cœur adorable, répondre par l'amour à son immense amour, et accroître de plus en plus votre gloire. Je voudrais pouvoir obtenir la conversion des pécheurs et secouer l'indifférence de tant de Chrétiens qui, peu sensibles au bonheur d'être les enfants de l'Eglise votre épouse, n'ont à cœur ni ses intérêts, ni ceux de votre gloire. Je voudrais pouvoir désabuser ces Catholiques qui, tout en se distinguant par les œuvres extérieures de charité, demeurent trop attachés à leurs opinions, répugnent à se soumettre aux décisions du Saint-Siège, ou nourrissent des sentiments peu conformes à son enseignement ; je voudrais qu'ils comprissent enfin que celui qui, en toutes choses, n'écoute pas l'Eglise, n'écoute pas Dieu toujours présent en elle.  
Pour atteindre ces fins si pures et si hautes, pour obtenir le triomphe et la tranquillité stable de l'Eglise, votre épouse sans tache, la consolation et la prospérité de votre vicaire sur la terre, l'accomplissement de ses saintes intentions, la sanctification et la perfection toujours croissantes du clergé, la réalisation de vos desseins, ô mon Jésus, et la pleine satisfaction de votre divine volonté, la conversion des pécheurs et le progrès des justes ; pour assurer le salut de nos âmes, enfin pour plaire à votre très aimable Cœur, prosterné à vos pieds, en la présence de la très Sainte Vierge Marie et de toute la Cour céleste, je reconnais solennellement que, par tous les titres de justice et de reconnaissance, je vous appartiens entièrement et uniquement, ô Jésus, mon Rédempteur, unique source de tout bonheur spirituel et temporel ; et m'unissant à l'intention du Souverain Pontife, je me consacre moi-même, avec tout ce qui m'appartient, à votre Cœur sacré, que je m'engage à aimer et à servir de toute mon âme, de tout mon cœur et de toutes mes forces, en m'appropriant vos volontés et conformant tous mes désirs aux vôtres.  
Pour vous donner une marque publique de la sincérité de cette consécration, je déclare solennellement devant vous, ô mon Dieu, que je veux à l'avenir honorer votre divin Cœur en observant, suivant les règles de l'Eglise, les dimanches et les fêtes de précepte, et en usant de toute mon autorité pour en assurer autour de moi l'observance.  
C'est à votre aimable Cœur, ô Jésus ! que je confie tous ces saints désirs et les résolutions que votre grâce m'a inspirées, dans l'espérance de pouvoir par là compenser, en quelque manière, les injures que vous recevez de l'ingratitude des hommes, et trouver pour mon âme et les âmes de tous les miens ma félicité et la leur dans cette vie et dans l'autre. Ainsi soit-il. » 
Texte authentique de l'Acte de consécration approuvé par Pie IX. 

Résultat de recherche d'images pour "coeur sacré de jésus"

Au cours de la seconde quinzaine de mai 1875, démolisseurs et terrassiers se mettent à l'œuvre sur le chantier de la basilique sur la butte Montmartre. Le 30 mai, dans la lettre pastorale qui annonce la bénédiction et la pose de la première pierre de la basilique pour le 16 juin suivant, Mgr Guibert tente d'apaiser les querelles politiques et religieuses qui se raniment à la perspective de cette cérémonie : 

« Nous ne pouvons nous dispenser de répondre en quelques mots aux fausses et malveillantes interprétations que certains organes de l'opinion donnaient naguère à la cérémonie projetée à Montmartre. Sans doute nous ne saurions nous étonner de l'hostilité que rencontre notre entreprise auprès des ennemis de la religion : cette opposition en démontre mieux que tout autre argument l'utilité et l'excellence. Mais ce que nous ne devons pas tolérer, c'est qu'on ose attribuer un caractère politique à une pensée toute de foi et de piété. La politique a été et sera toujours loin, bien loin de nos inspirations : l'œuvre est née au contraire de la conviction profonde que la politique est tout à fait impuissante à guérir les maux de notre pays. Les causes de ces maux sont morales et religieuses ; les remèdes doivent être pris dans le même ordre, et si nous invitions la France à porter auprès du Cœur de Jésus-Christ un suprême recours, c'est que nous ne voyons de salut pour elle dans aucun des moyens dont la sagesse humaine dispose.  
Il y a un autre motif non moins décisif qui nous fait écarter de notre entreprise toute idée politique : c'est que la politique divise, tandis que notre œuvre a pour but : l'union. Le Cœur de Jésus est un rendez-vous pacifique, où nous convions tous nos frères à venir chercher avec nous la vérité dans la charité, veritatem facientes in caritate. Ce que nous demandons à ce Cœur adorable, c'est la conversion de la France, non la conversion à telles ou telles opinions, mais sa conversion, ou plutôt, son retour à la foi chrétienne, aux espérances éternelles, à l'amour de Dieu, qui embrasse et comprend aussi l'amour des hommes. Ainsi la pacification sociale est au terme de l'œuvre dont nous poursuivons la réalisation, et le temps viendra, nous en avons la ferme confiance, où ceux mêmes qui se montrent hostiles aujourd'hui, viendront se prosterner et prier dans le sanctuaire du Sacré-Cœur : là, ils pleureront avec nous sur les malheurs de notre patrie, avec nous ils imploreront pour elle la protection du Ciel et ils recevront la révélation de cette charité divine qui rapproche les cœurs, qui éteint les haines et guérit toutes les blessures. »

Mgr Guibert, lettre pastorale du 30 mai 1875, in Paul Lesourd, La Butte sacrée - Montmartre des origines au XX° siècle, Paris, Spes, 1937, Notes.

Résultat de recherche d'images pour "coeur sacré de jésus"

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire