Lettre du 25

Confrérie de prière

Lettre mensuelle aux membres et amis de la Confrérie royale

25 juin 2017


         Chers Membres de la Confrérie Royale & Sympathisants,


Dans son admirable Discours sur l’histoire universelle, Bossuet enseigne au dauphin, fils de Louis XIV, que « Dieu ne déclare pas tous les jours ses volontés par ses prophètes touchant les rois et les monarchies qu’Il élève ou qu’Il détruit. Mais l’ayant fait tant de fois dans ces grands empires [de l’Antiquité] dont nous venons de parler, Il nous montre par ces exemples fameux ce qu’Il fait dans tous les autres, et Il apprend aux rois ces deux vérités fondamentales : premièrement, que c’est Lui qui forme les royaumes pour les donner à qui il Lui plaît ; et secondement, qu’Il sait les faire servir, dans les temps et dans l’ordre qu’Il a résolu, aux desseins qu’Il a sur son peuple. C’est, Monseigneur, ce qui doit tenir tous les princes dans une entière dépendance, et les rendre toujours attentifs aux ordres de Dieu, afin de prêter la main à ce qu’Il médite pour sa gloire dans toutes les occasions qu’Il leur en présente »[1].
Avec son regard d’aigle, le grand Évêque de Meaux voit dans l’histoire du genre humain la manifestation de la Providence divine, dans laquelle Dieu intervient pour faire triompher Son plan, et « la vraie science de l’histoire, écrit-il encore, est de remarquer dans chaque temps ces secrètes dispositions qui ont préparé les grands changements et les conjonctures importantes qui les ont fait arriver »[2].

Pourtant, il est intéressant de remarquer que dans l’histoire du peuple hébreu, la royauté fut instaurée pour un motif tout autre que celui de faire régner Dieu parmi « Son peuple » (Jér. 30, 22). Jusque-là, en effet, le Peuple de Dieu était gouverné par des prophètes, comme Moïse ou Samuel, ou encore par des juges que le Seigneur suscitait aux heures critiques de son histoire pour sauver Israël.
Ce type de recours à un intermédiaire royal ne correspond pas entièrement au plan originel de Dieu ; en effet, depuis toujours, Dieu souhaite instaurer avec chaque homme une relation directe permettant à ce dernier de recevoir lumière et force pour chaque jour. Ainsi Moïse s’exclamait-il : « Si seulement tout le peuple du Seigneur était composé de prophètes ! » (Nb 11, 29).

Le prophète Samuel oignant le roi David.

Cependant, les prophètes et les juges recevaient leurs instructions du Seigneur Lui-même et les transmettaient au peuple ; leur rôle était donc au service de l’autorité exercée par Dieu sur Son peuple. Avec la royauté, il en va autrement. L’instauration de la monarchie, ce « péché originel d’Israël » comme on l’a appelé [3], provient de la même cause que le péché originel de l’humanité : le mimétisme. Alors qu’Adam et Ève voulaient devenir « comme des dieux » (Gn 3, 5), les fils d’Israël veulent être « comme les autres nations ». Les anciens d’Israël dirent en effet au prophète Samuel : « Installe-nous un roi pour nous juger comme toutes les nations » (1 Sam. 8, 5). Dieu ne s’y trompe pas : cette volonté d’« être comme » est une manière de Le rejeter, Lui, car elle constitue une alternative trompeuse à l’« être par » Dieu ; c’est pourquoi le Seigneur déclare à Samuel en retour : « Ce n’est pas toi qu’ils rejettent, c’est Moi, afin que Je ne règne plus sur eux » (1 Sam. 8, 7).
Pour nous, c’est tout l’inverse : c’est pour faire régner Dieu que nous demandons un roi ! C’est pour ne pas suivre nos moutons contemporains englués dans la démocratie moderne que nous réclamons un roi ! « Da nobis regem », lisions-nous au bréviaire jeudi dernier [4] : Seigneur, donnez-nous ce roi qui nous permette de restaurer Vos droits sur la France, Votre fille bien ingrate ! Mais une fille indigne, quand bien même elle se prostituerait, demeurerait la fille de son père, et c’est cette filiation, souillée mais non pas désavouée, qu’il nous faut faire reconnaître aux yeux de tous.
Dans le récit de l’instauration de la royauté au sein d’Israël, nous voyons que le Seigneur, qui est assez puissant pour faire rejoindre les caprices de ses enfants gâtés à Son plan de Salut, non seulement va accorder le régime réclamé par Son peuple, mais va encore lui envoyer un roi « selon Son Cœur » (Actes 13, 22), en retirant la royauté à Saül pour la confier à David, le roi-prophète. Tel est, selon saint Paul, le témoignage que Dieu rendit au premier roi fidèle de Juda, et ce n’est pas un hasard si c’est de sa postérité que sortira le Messie. Quant à nous, nous fêtons d’ailleurs ces jours-ci le 1030e anniversaire du sacre et couronnement de Hugues Capet, fondateur de la dynastie d’où naîtra le successeur légitime de nos rois de France.

Couronnement du roi Hugues Capet (987)

En ce mois du Sacré-Cœur, c’est ce qu’il nous faut demander dans nos prières : que S.M. le roi de jure Louis XX puisse exercer sa royauté selon le Cœur de Dieu.
En 1689, lorsque Notre-Seigneur Jésus-Christ révéla Son Sacré-Cœur à sainte Marguerite-Marie Alacoque, Il lui fit cette demande importante : « Fais savoir au fils aîné de Mon Sacré-Cœur que, comme sa naissance temporelle a été obtenue par la dévotion aux mérites de Ma sainte Enfance, de même il obtiendra sa naissance de gloire éternelle par sa consécration à Mon Cœur adorable. Mon Cœur veut régner dans son palais, être peint sur ses étendards et gravé dans ses armes pour les rendre victorieuses de tous ses ennemis et de tous ceux de la sainte Église ». Mais Louis XIV ne fit pas droit à cette céleste requête et cent ans jour pour jour après le message du 17 juin 1689 resté sans réponse, le Tiers-État se proclamera Assemblée constituante et emportera la Monarchie française dans le sang et la terreur.
C’est donc par la consécration au Sacré-Cœur que nous viendra le salut de la France, tout comme Notre-Dame de Fatima nous assurait, il y a un siècle, que c’est par la consécration à son Cœur immaculé que la paix serait rendue au monde.
Avec ce charisme prophétique que leur insuffle bien souvent le Souverain Pontificat, les Papes, depuis plus d’un siècle, ont annoncé clairement les bienfaits que nous pourrions attendre d’une telle consécration au Cœur adorable de Jésus, « fruits nombreux et excellents, non seulement pour chacun en particulier, mais pour la société tout entière : religieuse, civile ou familiale » [5] – Notre-Seigneur lui-même a promis en effet à sainte Marguerite-Marie que « tous ceux qui honoreraient Son Cœur seraient comblés d’abondantes grâces célestes » ; mais encore les calamités qui s’abattraient sur nous si nous Le méprisions.
Mosaïque de la voûte de la basilique du Sacré-Cœur de Montmartre édifiée en Vœu national (loi de 1873)
En élevant la fête du Sacré-Cœur que nous solennisons justement aujourd’hui au rang de double de première classe avec octave, le pape Pie XI incitait tous les Catholiques à faire « amende honorable à Notre-Seigneur, dans laquelle toutes nos fautes sont déplorées, et hommage est rendu aux droits violés de notre Roi et de Notre-Seigneur très aimant »[6].
Avant lui, le pape Léon XIII avait consacré le genre humain au Sacré-Cœur. Dans son encyclique Annum sacrum (1899), il expliquait : « Une telle consécration apporte aussi aux États l’espoir d’une situation meilleure, car cet acte de piété peut établir ou raffermir les liens qui unissent naturellement les affaires publiques à Dieu. (…) Il arrive fatalement que les fondements les plus solides du salut public s’écroulent lorsqu’on laisse de côté la religion. Dieu, pour faire subir à ses ennemis le châtiment qu’ils avaient mérité, les a livrés à leurs penchants, de sorte qu’ils s’abandonnent à leurs passions et s’épuisent dans une licence excessive. De là, cette abondance de maux qui depuis longtemps sévissent sur le monde, et qui Nous obligent à demander le secours de Celui qui seul peut les écarter ».

Cet enseignement sera repris par le même Pie XI lorsqu’il instituera la fête liturgique du Christ Roi, afin d’exalter la royauté du Christ sur tout l’Univers et inciter les individus comme les États à proclamer leur soumission à Son règne d’amour, puisqu’Il veut régner par Son Sacré-Cœur. Ainsi écrivait-il dans son encyclique Quas primas : « À l’heure où les hommes et les États sans Dieu, devenus la proie des guerres qu’allument la haine et des discordes intestines, se précipitent à la ruine et à la mort, l’Église de Dieu, continuant à donner au genre humain l’aliment de la vie spirituelle, engendre et élève pour le Christ des générations successives de saints et de saintes ; le Christ, à son tour, ne cesse d’appeler à l’éternelle béatitude de Son royaume céleste ceux en qui Il a reconnu de très fidèles et obéissants sujets de Son royaume terrestre »[7].
Et plus loin : « Les États, à leur tour, apprendront par la célébration annuelle de cette fête que les gouvernants et les magistrats ont l’obligation, aussi bien que les particuliers, de rendre au Christ un culte public et d’obéir à Ses lois. Les chefs de la société civile se rappelleront, de leur côté, le dernier jugement, où le Christ accusera ceux qui L’ont expulsé de la vie publique, mais aussi ceux qui L’ont dédaigneusement mis de côté ou ignoré, et punira de pareils outrages par les châtiments les plus terribles ; car Sa dignité royale exige que l’État tout entier se règle sur les commandements de Dieu et les principes chrétiens dans l’établissement des lois, dans l’administration de la justice, dans la formation intellectuelle et morale de la jeunesse, qui doit respecter la saine doctrine et la pureté des mœurs »[8].

Notre défense et promotion de la royauté, chers Amis, doit en conséquence se réaliser d’abord dans notre propre âme, selon la parole de Notre-Seigneur : « Tout royaume divisé contre lui-même court à sa ruine » (Lc 11, 17). Comment en effet pourrions-nous faire triompher la royauté du Christ dans la société si notre âme n’est pas maîtresse de nos passions, si le père ne commande pas au sein de la famille, si le roi ne règne pas sur ses sujets ? Qu’il me soit permis de vous rappeler notre engagement de sanctifier particulièrement, la grâce aidant, le 25 de chaque mois plus encore que les autres jours, dans le but d’offrir nos efforts, nos peines et nos sacrifices à toutes les intentions de la Confrérie royale. Ce mois-ci, la sainte Messe dominicale et la sainte Communion nous y aideront grandement !

Ici encore le pape Pie XI a des mots percutants : « Si enfin cette puissance embrasse la nature humaine tout entière, poursuit-il dans son encyclique, on doit évidemment conclure quaucune de nos facultés ne peut se soustraire à cette souveraineté. Il faut donc qu’Il [le Sacré-Cœur] règne sur nos intelligences : nous devons croire, avec une complète soumission, d’une adhésion ferme et constante, les vérités révélées et les enseignements du Christ. Il faut qu’Il règne sur nos volontés : nous devons observer les lois et les commandements de Dieu. Il faut qu’Il règne sur nos cœurs : nous devons sacrifier nos affections naturelles et aimer Dieu par-dessus toutes choses et nous attacher à Lui seul. Il faut qu’Il règne sur nos corps et sur nos membres : nous devons les faire servir d’instruments ou, pour emprunter le langage de l’Apôtre saint Paul, ‘‘d’armes de justice offertes à Dieu’’ (Rm 6, 13) pour entretenir la sainteté intérieure de nos âmes. (…) Ainsi nous récolterons les heureux fruits d’une vie conforme aux lois du royaume divin. Reconnus par le Christ pour de bons et fidèles serviteurs de Son royaume terrestre, nous participerons ensuite, avec Lui, à la félicité et à la gloire sans fin de Son royaume céleste »[9].

Voici tracés en quelques lignes notre programme de vie, en un mot notre mission, bien chers Membres ! Demandons à saint Jean-Baptiste, dont nous célébrions la Nativité hier, de faire de nous également des Précurseurs du Christ pour annoncer Son Royaume en travaillant ici-bas à l’établissement de Son règne d’amour par le rétablissement du « fils aîné de Son Sacré-Cœur » !

Le Chancelier +




[1] Bossuet, Discours sur l’histoire universelle (1681), à l’introduction.
[2] Ibid.
[3] Abbé Dominique Janthial, c.e., Devenir enfin soi-même – À la suite des grands hommes du Premier Testament (2016), d’où nous tirons cette analyse vétéro-testamentaire.
[4] 2ème leçon des matines du jeudi de la IIème semaine après la Pentecôte, tiré de 1 Sam. 8, 6.
[5] Pie XI, encyclique Miserentissimus Redemptor sur la réparation que nous devons au Sacré-Cœur de Jésus (1928), § 7.
[6] Ibid., § 6.
[7] Encyclique Quas primas (1925), § 3.
[8] Ibid., § 21.
[9] Ibid., § 22.

Citation


"La tactique du moindre mal revient à attribuer aux Catholiques un rôle médiocre et passif dans le nouveau système « confessionnellement » laïque. – La tactique du moindre mal transforme en quotidienne une situation exceptionnelle".

23 juin

Fête du Sacré-Coeur de Jésus

Ex-voto offert le samedi 27 mai 2017en la cathédrale-basilique du Puy-en-Velay par la Confrérie Royale.

"Au Sacré-Coeur de Jésus"

la Confrérie Royale dévote, consacrée et reconnaissante 

 Confrérie de prière

Citation

"La responsabilité des laïcs catholiques ne peut se limiter à choisir passivement parmi les maux que les ennemis de l’Église veulent bien offrir, mais doit être une participation active et directe, « ouvrant les portes au Christ »".

21 juin

1429 - 21 juin - 2017


588e anniversaire de la

TRIPLE DONATION DU ROYAUME DE FRANCE


Afficher l'image d'origine


Saint-Benoît-sur-Loire, le 21 juin 1429


Afficher l'image d'origine
1re entrevue entre Jeanne et Charles VII, le 25 février 1429 à Chinon
(miniature des Vigiles de Charles VII, par Martial d'Auvergne, 1484).
La révélation du secret connu du roi seul eut lieu le 6 mars lors de la seconde entrevue.

Jehanne dit à Charles :
« Sire, me promettez-vous de me donner ce que je vous demanderai ? »
Le Roi hésite, puis consent.
« Sire, donnez-moi votre royaume ».
Le Roi, stupéfait, hésite de nouveau ; mais, tenu par sa promesse et subjugué par l'ascendant surnaturel de la jeune fille :
« Jehanne, je vous donne mon royaume ».
Cela ne suffit pas : la Pucelle exige qu'un acte notarié en soit solennellement dressé et signé par les quatre secrétaires du Roi ; après quoi, voyant celui-ci tout interdit et embarrassé de ce qu'il avait fait :
« Voici le plus pauvre chevalier de France : il n'a plus rien ».
Puis aussitôt après, s'adressant aux secrétaires :
« Écrivez : Jehanne donne le royaume à Jésus-Christ ».
Et bientôt après :
« Jésus rend le royaume à Charles ».
Père Jean Dupuy, O.P. en 1429, Bibliothèque de l'Ecole des Chartes, 1885, p. 652, d'après le Breviarium historiale, texte rédigé au cours de l'été 1429.


Déposition du duc d'Alençon (prince du sang et parrain du futur Louis XI) au procès de réhabilitation, le 3 mai 1456 (à propos du 11 mars 1429) : 
« […] Alors Jeanne adressa plusieurs requêtes au roi, et entre autres pour qu'il donnât son royaume au Roi des cieux : après cette donation le Roi des cieux agirait comme Il l'avait fait pour ses prédécesseurs, et le remettrait en son état antérieur [...] ».
Procès de condamnation et de réhabilitation de Jeanne d'Arc, dite La Pucelle, publiés pour la première fois d'après les manuscrits de la Bibliothèque Royale, par Jules Quicherat, Tome IV, 1847 : 
« D'abord, quand la Pucelle arriva auprès dudit roi, elle lui fit promettre de faire trois choses : la première, de se démettre de son royaume, d'y renoncer et de le rendre à Dieu de qui il le tenait ».  


Citation

"La doctrine catholique est claire : elle affirme que la conscience ordonne « d’accomplir le bien et d’éviter le mal » (Catéchisme de l’Eglise Catholique – en abrégé CEC – § 1706 et 1777), que l’on ne peut « faire le mal », si l’on recherche le salut (CEC § 998) et qu’il n’est « jamais permis de faire le mal pour qu’il en résulte un bien » (CEC § 1789)".


20 juin

L’image contient peut-être : 1 personne, assis

20 juin. L'épouvantable souvenir de l'invasion des Tuileries commise le 20 juin 1792, afin d'obtenir du Roi par la terreur qu'il signât les décrets à l'encontre des prêtres réfractaires.

Ou "De la Légitimité face à la Démoncratie". Admirable Marie-Antoinette !

L'image de la semaine


Salut du T.S.S. à Paris.

Citation

"Du point de vue moral, il ne peut jamais être licite de proposer un mal, même si c’est un mal mineur".

19 juin

Maximilien Ier (empereur du Mexique)
1867 - 19 juin - 2017

150e anniversaire de l'assassinat de l'empereur Maximilien Ier de Mexique



Derniers moments de l’empereur Maximilien avant son exécution, Querétaro (Mexique), le 19 juin 1867. Vers 6 heures 30, le colonel Palacios et les sept hommes du peloton d’exécution viennent chercher Maximilien qui a revêtu un costume noir et qui porte la Toison d’or à son cou. Il fait ses adieux à l’abbé Soria et sort pour se rendre au lieu de l’exécution. Gravure d'après une peinture (1882) de Jean-Paul Laurens.

L'empereur est à droite.


18 juin

En France
Solennité de la Fête-Dieu


Citation

"Nous vivons dans une société pluraliste dans laquelle nous avons le devoir de participer. Ce devoir sera-t-il rempli par le simple choix passif du moindre mal ? Si nous sommes invités à participer, à faire, à construire, il faudra faire le bien".
Javier Garisoain

Résultat de recherche d'images pour "ste jeanne patay"
Bataille et victoire de Patay (18 juin 1429).


17 juin


Ex-voto offert le samedi 27 mai 2017
en la cathédrale-basilique du Puy-en-Velay
par la Confrérie Royale 
"au Sacré-Coeur de Jésus"
afin de Lui rappeler Sa promesse
que le Roi de France est le 
FILS AÎNE DE SON SACRE-COEUR
comme Il le déclara en juin 1689
à sainte Marguerite-Marie Alacoque à Paray.





Dans la lettre numéro 100 – lettre qui ne porte pas de date mais qui fut écrite après le 17 juin 1689 – , après lui avoir décrit les grâces que la dévotion au Sacré-Coeur de Jésus fera pleuvoir sur l’Ordre de la Visitation, sainte Marguerite-Marie confie ceci à la Révérende Mère de Saumaise, supérieure du monastère de Dijon : « Et voici les paroles que j’entendis au sujet de notre Roi : Fais savoir au Fils aîné de Mon Sacré-Coeur, que, comme sa naissance temporelle a été obtenue par la dévotion aux mérites de Ma sainte Enfance, de même il obtiendra sa naissance de grâce et de gloire éternelle… », suivent alors les fameuses demandes à l’intention du Souverain (in « Vie et oeuvres de la Bienheureuse Marguerite-Marie Alacoque » – 3ème édition, par Monseigneur Gauthey, tome deuxième, p. 436).



Le 17 juin 1689 fut le vendredi du Sacré-Coeur.

Résultat de recherche d'images pour "ste marguerite marie"

Citation

"La doctrine du moindre mal, qui exige toujours de rechercher le plus grand bien possible et d’éviter le mal autant que possible, est toujours valable. Face à un choix – en supposant que notre unique responsabilité soit de choisir – il n’y a pas d’autre possibilité de rectitude morale que de choisir le meilleur. Et, si tout est mauvais, il faut choisir le moindre mal. Et il ne sera pas superflu de convenir que, dans certains cas, refuser de choisir, c’est-à-dire, l’abstention, en dépit d’être un mal, peut être le véritable moindre mal que nous recherchons. Tout cela, en supposant – j’insiste là-dessus – que notre seule responsabilité soit de choisir. Les choses changent, comme nous le verrons, si notre responsabilité n’est pas de choisir, mais de faire ou de proposer".

16 juin

1875 - 16 juin - 2017

142e anniversaire de la consécration de la Catholicité au Sacré-Coeur de Jésus


Le 22 avril 1875, la Sacré Congrégation des Rites rend un décret par lequel elle approuve l'acte de consécration au Sacré-Cœur qui a été présenté à Pie IX par le Père Henri Ramière, soutenu dans cette démarche par un nombre considérable de religieux et de laïcs (534 évêques, archevêques ou cardinaux, 23 supérieurs généraux d'Ordres religieux, etc.). Pie IX revêt l'acte de son approbation et charge le Père Ramière de le communiquer à tous les évêques du monde, avec invitation de le porter à la connaissance des fidèles. Il est proposé de le réciter, en union avec le Souverain Pontife, le 16 juin de cette même année, au jour du deux-centième anniversaire de la principale apparition du Christ à Marguerite-Marie. 

« Après avoir pesé devant Dieu l'importance de cet acte, et voulant donner satisfaction aux très pieux désirs qui lui ont été manifestés, Sa Sainteté approuve l'acte de consécration joint à ce décret, et elle le propose à tous les fidèles désireux de se consacrer au très Sacré Cœur de Jésus. Tous les fidèles chrétiens, en se consacrant au divin Cœur de Jésus en la même forme, attesteront d'une manière plus frappante l'unité de l'Eglise. Ils trouveront dans ce divin Cœur un refuge inattaquable contre les dangers spirituels qui les environnent, la force d'âme dans les tribulations actuelles de l'Eglise, enfin la consolation et une espérance inébranlable au milieu de toutes leurs angoisses. » 
Extrait du Décret du 22 avril 1875, in P. Nilles, De rationibus festorum Sacratissimi Cordis Jesu et purissimi Cordis Mariae, Paris, Lethielleux, t. I, p. 207. 
Résultat de recherche d'images pour "coeur sacré de jésus"« Ô Jésus ! mon Rédempteur et mon Dieu, malgré l'immense amour qui vous a porté à répandre tout votre sang précieux pour les hommes, ils ne vous refusent pas seulement leur amour, mais ils vous offensent, vous outragent, blasphèment votre nom et profanent les jours consacrés à votre culte. Ah ! puissé-je offrir quelque satisfaction à votre Cœur divin ! puissé-je réparer l'ingratitude dont vous êtes la victime de la part du plus grand nombre des hommes ! Je voudrais pouvoir vous prouver combien je désire, en présence de tous, honorer votre Cœur adorable, répondre par l'amour à son immense amour, et accroître de plus en plus votre gloire. Je voudrais pouvoir obtenir la conversion des pécheurs et secouer l'indifférence de tant de Chrétiens qui, peu sensibles au bonheur d'être les enfants de l'Eglise votre épouse, n'ont à cœur ni ses intérêts, ni ceux de votre gloire. Je voudrais pouvoir désabuser ces Catholiques qui, tout en se distinguant par les œuvres extérieures de charité, demeurent trop attachés à leurs opinions, répugnent à se soumettre aux décisions du Saint-Siège, ou nourrissent des sentiments peu conformes à son enseignement ; je voudrais qu'ils comprissent enfin que celui qui, en toutes choses, n'écoute pas l'Eglise, n'écoute pas Dieu toujours présent en elle.  
Pour atteindre ces fins si pures et si hautes, pour obtenir le triomphe et la tranquillité stable de l'Eglise, votre épouse sans tache, la consolation et la prospérité de votre vicaire sur la terre, l'accomplissement de ses saintes intentions, la sanctification et la perfection toujours croissantes du clergé, la réalisation de vos desseins, ô mon Jésus, et la pleine satisfaction de votre divine volonté, la conversion des pécheurs et le progrès des justes ; pour assurer le salut de nos âmes, enfin pour plaire à votre très aimable Cœur, prosterné à vos pieds, en la présence de la très Sainte Vierge Marie et de toute la Cour céleste, je reconnais solennellement que, par tous les titres de justice et de reconnaissance, je vous appartiens entièrement et uniquement, ô Jésus, mon Rédempteur, unique source de tout bonheur spirituel et temporel ; et m'unissant à l'intention du Souverain Pontife, je me consacre moi-même, avec tout ce qui m'appartient, à votre Cœur sacré, que je m'engage à aimer et à servir de toute mon âme, de tout mon cœur et de toutes mes forces, en m'appropriant vos volontés et conformant tous mes désirs aux vôtres.  
Pour vous donner une marque publique de la sincérité de cette consécration, je déclare solennellement devant vous, ô mon Dieu, que je veux à l'avenir honorer votre divin Cœur en observant, suivant les règles de l'Eglise, les dimanches et les fêtes de précepte, et en usant de toute mon autorité pour en assurer autour de moi l'observance.  
C'est à votre aimable Cœur, ô Jésus ! que je confie tous ces saints désirs et les résolutions que votre grâce m'a inspirées, dans l'espérance de pouvoir par là compenser, en quelque manière, les injures que vous recevez de l'ingratitude des hommes, et trouver pour mon âme et les âmes de tous les miens ma félicité et la leur dans cette vie et dans l'autre. Ainsi soit-il. » 
Texte authentique de l'Acte de consécration approuvé par Pie IX. 

Résultat de recherche d'images pour "coeur sacré de jésus"

Au cours de la seconde quinzaine de mai 1875, démolisseurs et terrassiers se mettent à l'œuvre sur le chantier de la basilique sur la butte Montmartre. Le 30 mai, dans la lettre pastorale qui annonce la bénédiction et la pose de la première pierre de la basilique pour le 16 juin suivant, Mgr Guibert tente d'apaiser les querelles politiques et religieuses qui se raniment à la perspective de cette cérémonie : 

« Nous ne pouvons nous dispenser de répondre en quelques mots aux fausses et malveillantes interprétations que certains organes de l'opinion donnaient naguère à la cérémonie projetée à Montmartre. Sans doute nous ne saurions nous étonner de l'hostilité que rencontre notre entreprise auprès des ennemis de la religion : cette opposition en démontre mieux que tout autre argument l'utilité et l'excellence. Mais ce que nous ne devons pas tolérer, c'est qu'on ose attribuer un caractère politique à une pensée toute de foi et de piété. La politique a été et sera toujours loin, bien loin de nos inspirations : l'œuvre est née au contraire de la conviction profonde que la politique est tout à fait impuissante à guérir les maux de notre pays. Les causes de ces maux sont morales et religieuses ; les remèdes doivent être pris dans le même ordre, et si nous invitions la France à porter auprès du Cœur de Jésus-Christ un suprême recours, c'est que nous ne voyons de salut pour elle dans aucun des moyens dont la sagesse humaine dispose.  
Il y a un autre motif non moins décisif qui nous fait écarter de notre entreprise toute idée politique : c'est que la politique divise, tandis que notre œuvre a pour but : l'union. Le Cœur de Jésus est un rendez-vous pacifique, où nous convions tous nos frères à venir chercher avec nous la vérité dans la charité, veritatem facientes in caritate. Ce que nous demandons à ce Cœur adorable, c'est la conversion de la France, non la conversion à telles ou telles opinions, mais sa conversion, ou plutôt, son retour à la foi chrétienne, aux espérances éternelles, à l'amour de Dieu, qui embrasse et comprend aussi l'amour des hommes. Ainsi la pacification sociale est au terme de l'œuvre dont nous poursuivons la réalisation, et le temps viendra, nous en avons la ferme confiance, où ceux mêmes qui se montrent hostiles aujourd'hui, viendront se prosterner et prier dans le sanctuaire du Sacré-Cœur : là, ils pleureront avec nous sur les malheurs de notre patrie, avec nous ils imploreront pour elle la protection du Ciel et ils recevront la révélation de cette charité divine qui rapproche les cœurs, qui éteint les haines et guérit toutes les blessures. »

Mgr Guibert, lettre pastorale du 30 mai 1875, in Paul Lesourd, La Butte sacrée - Montmartre des origines au XX° siècle, Paris, Spes, 1937, Notes.

Résultat de recherche d'images pour "coeur sacré de jésus"