Ordo liturgique


70 ans du roi de Suède

Image illustrative de l'article Armoiries de la Suède

Résultat de recherche d'images pour "roi de suède"La reine de Danemark, le prince de Monaco, le roi Juan Carlos et la reine Sophie d’Espagne, le roi Siméon et la reine Margarita de Bulgarie, la princesse Benedikte de Danemark, le prince Alexandre et la princesse Katherine de Serbie, le prince Alois et la princesse Sophie de Liechtenstein et la princesse Takamado du Japon ont assisté au Te Deum chanté le 30 avril pour les 70 ans du roi de Suède Charles XVI Gustave.

70 ans du roi de Suède : Menu du déjeuner à l’hôtel de ville de Stockholm

Tricentenaire

1716 – 28 avril – 2016


Chapelet

A l’occasion du troisième centenaire de la mort de Saint Louis-Marie Grignion de Montfort, nous pouvons relire et méditer le discours prononcé par Sa Sainteté le Pape Pie XII à l’adresse des pèlerins présents à Rome à l’occasion de la canonisation du grand missionnaire des provinces de l’Ouest de la France, qui avait été célébrée la veille, dimanche 20 juillet 1947 (note : en ce temps-là, le Souverain Pontife ne prêchait pas aux messes de canonisation, mais il s’adressait aux fidèles le lendemain lors d’une audience au cours de laquelle il mettait en lumière les exemples du nouveau Saint).

Statue de Saint Louis-Marie basilique vaticane
Statue de Saint Louis-Marie Grignion de Montfort
dans la basilique vaticane.

Discours de
Sa Sainteté le Pape Pie XII

à l’adresse des pèlerins présents à Rome
à l’occasion de la canonisation de
Saint Louis-Marie Grignion de Montfort
- 21 juillet 1947 -

Soyez les bienvenus, chers fils et chères filles, accourus en grand nombre pour assister à la glorification de Louis-Marie Grignion de Montfort, l’humble prêtre breton du siècle de Louis XIV, dont la courte vie, étonnamment laborieuse et féconde, mais singulièrement tourmentée, incomprise des uns, exaltée par les autres, l’a posé devant le monde « en signe de contradiction », « in signum, cui contradicetur » (Luc II, 34). Réformant, sans y penser, l’appréciation des contemporains, la postérité l’a rendu populaire, mais, par dessus encore le verdict des hommes, l’autorité suprême de l’Église vient de lui décerner les honneurs des saints.

Salut d’abord à vous, pèlerins de Bretagne et du littoral de l’Océan. Vous le revendiquez comme vôtre et il est vôtre en effet. Breton par sa naissance et par l’éducation de son adolescence, il est resté breton de cœur et de tempérament à Paris, dans le Poitou et en Vendée ; il le restera partout et jusqu’au bout, même dans ses cantiques de missionnaire, où par une pieuse industrie, — qui réussirait peut-être moins heureusement à une époque plus critique et volontiers gouailleuse, il adaptait des paroles religieuses aux airs populaires de son pays. Breton, il l’est par sa piété, sa vie très intérieure, sa sensibilité très vive, qu’une délicate réserve, non exempte de quelques scrupules de conscience, faisait prendre par des jeunes gens primesautiers, et par quelques-uns même de ses Supérieurs, pour gaucherie et singularité. Breton, il l’est par sa droiture inflexible, sa rude franchise, que certains esprits, plus complaisants, plus assouplis, trouvaient exagérée et taxaient avec humeur d’absolutisme et d’intransigeance.

C’est en l’épiant malicieusement à son insu, en le voyant et en l’entendant traiter avec les petits et les pauvres, enseigner les humbles et les ignorants, que plus d’un découvrit avec surprise, sous l’écorce un peu rugueuse d’une nature qu’il mortifiait et qu’il forgeait héroïquement, les trésors d’une riche intelligence, d’une inépuisable charité, d’une bonté délicate et tendre.

On a cru parfois pouvoir l’opposer à saint François de Sales, prouvant ainsi qu’on ne connaissait guère que superficiellement l’un et l’autre. Différents, certes, ils le sont, et voilà bien de quoi dissiper le préjugé qui porte à voir dans tous les saints autant d’exemplaires identiques d’un type de vertu, tous coulés dans un même moule ! Mais on semble ignorer complètement la lutte, par laquelle François de Sales avait adouci son caractère naturellement aigre, et l’exquise douceur avec laquelle Louis-Marie secourait et instruisait les humbles. D’ailleurs, l’amabilité enjouée de l’évêque de Genève ne l’a pas plus que l’austérité du missionnaire breton, mis à l’abri de la haine et des persécutions de la part des calvinistes et des jansénistes et, d’autre part, la rudesse fougueuse de l’un, aussi bien que la patience de l’autre au service de l’Église leur ont valu à tous les deux l’admiration et la dévotion des fidèles.

La caractéristique propre de Louis-Marie, et par où il est authentique breton, c’est sa ténacité persévérante à poursuivre le saint idéal, l’unique idéal de toute sa vie : gagner les hommes pour les donner à Dieu. À la poursuite de cet idéal, il a fait concourir toutes les ressources qu’il tenait de la nature et de la grâce, si bien qu’il fut en vérité sur tous les terrains — et avec quel succès ! — l’apôtre par excellence du Poitou, de la Bretagne et de la Vendée ; on a pu même écrire naguère, sans exagération, que « la Vendée de 1793 était l’œuvre de ses mains ».

Salut à vous, prêtres de tous les rangs et de tous les ministères de la hiérarchie ecclésiastique, qui portez tous sur le cœur ce souci, cette angoisse, cette « tribulation », dont parle saint Paul (2 Cor. I, 8) et qui est aujourd’hui, presque partout, le partage des prêtres dignes de leur beau nom de pasteurs d’âmes. Votre regard, comme celui de milliers de vos frères dans le sacerdoce, se lève avec fierté vers le nouveau saint et puise en son exemple confiance et entrain. Par la haute conscience qu’il avait de sa vocation sacerdotale et par son héroïque fidélité à y correspondre, il a fait voir au monde le vrai type — souvent si peu et si mal connu — du prêtre de Jésus Christ et ce qu’un tel prêtre est capable de réaliser pour la pure gloire de Dieu et pour le salut des âmes, pour le salut même de la société, dès lors qu’il y consacre sa vie tout entière, sans réserve, sans condition, sans ménagement, dans le plein esprit de l’Évangile. Regardez-le, ne vous laissez pas impressionner par des dehors peu flatteurs : il possède la seule beauté qui compte, la beauté d’une âme illuminée, embrasée par la charité ; il est pour vous un modèle éminent de vertu et de vie sacerdotale.

Salut à vous, membres des familles religieuses, dont Louis-Marie Grignion de Montfort a été le Fondateur et le Père. Vous n’étiez, de son vivant et lors de sa mort prématurée, qu’un imperceptible grain de froment, mais caché dans son cœur comme au sein d’une terre fertile, mais gonflé du suc nourricier de sa surhumaine abnégation, de ses mérites surabondants, de son exubérante sainteté. Et voici que la semence a germé, grandi, qu’elle s’est développée et propagée au loin, sans que le vent de la révolution l’ait desséchée, sans que les persécutions violentes ou les tracasseries légales aient pu l’étouffer.

Chers fils et chères filles, restez fidèles au précieux héritage que vous a légué ce grand saint ! Héritage magnifique, digne que vous continuiez, comme vous l’avez fait jusqu’à présent, à y dévouer, à y sacrifier sans compter vos forces et votre vie ! Montrez-vous les héritiers de son amour si tendre pour les humbles du plus petit peuple, de sa charité pour les pauvres, vous souvenant qu’il s’arrachait le pain de la bouche pour les nourrir, qu’il se dépouillait de ses vêtements pour couvrir leur nudité, les héritiers de sa sollicitude pour les enfants, privilégiés de son cœur, comme ils l’étaient du cœur de Jésus.

La charité ! voilà le grand, disons le seul secret des résultats surprenants de la vie si courte, si multiple et si mouvementée de Louis-Marie Grignion de Montfort : la charité ! voilà pour vous aussi, soyez-en intimement persuadés, la force, la lumière, la bénédiction de votre existence et de toute votre activité.

Salut enfin à vous aussi, pèlerins accourus de divers pays et apparemment bien différents entre vous, mais dont l’amour envers Marie fait l’unité, parce que, tous, vous voyez en celui que vous êtes venus honorer le guide qui vous amène à Marie et de Marie à Jésus. Tous les saints, assurément, ont été grands serviteurs de Marie et tous lui ont conduit les âmes ; il est incontestablement un de ceux qui ont travaillé le plus ardemment et le plus efficacement à la faire aimer et servir.

La Croix de Jésus, la Mère de Jésus, les deux pôles de sa vie personnelle et de son apostolat. Et voilà comment cette vie, en sa brièveté, fut pleine, comment cet apostolat, exercé en Vendée, en Poitou, en Bretagne durant à peine une douzaine d’années, se perpétue depuis déjà plus de deux siècles et s’étend sur bien des régions. C’est que la Sagesse, cette Sagesse à la conduite de laquelle il s’était livré, a fait fructifier ses labeurs, a couronné ses travaux que la mort n’avait qu’apparemment interrompus : « complevit labores illius » (Sag. X, 10). L’œuvre est toute de Dieu, mais elle porte aussi sur elle l’empreinte de celui qui en fut le fidèle coopérateur. Ce n’est que justice de la discerner.

Notre œil, presque ébloui par la splendeur de la lumière qui émane de la figure de notre Saint, a besoin, pour ainsi dire, d’en analyser le rayonnement. Il se pose d’abord sur les dons naturels, plus extérieurs, et il a la surprise de constater que la nature n’avait pas été vis-à-vis de lui aussi avare qu’il a pu sembler à première vue. Louis-Marie n’offrait pas, c’est vrai, le charme de traits agréables qui conquièrent soudain la sympathie, mais il jouissait — avantages en réalité bien plus appréciables — d’une vigueur corporelle qui lui permettait de supporter de grandes fatigues dans son ministère de missionnaire et de se livrer quand même à de rudes et très rudes pénitences. Sans s’amuser à éblouir son auditoire par les faciles artifices du bel esprit, par les fantasmagories d’une élégance recherchée et subtile, il savait mettre à la portée des plus simples le trésor d’une théologie solide et profonde — en quoi il excellait — et qu’il monnayait de manière à éclairer et convaincre les intelligences, à émouvoir les cœurs, à secouer les volontés avec une force de persuasion qui aboutissait aux courageuses et efficaces résolutions. Grâce à son tact, à la finesse de sa psychologie, il pouvait choisir et doser ce qui convenait à chacun, et s’il avait, par abnégation et pour être plus entièrement aux études et à la piété, renoncé aux beaux-arts, pour lesquels il avait beaucoup de goût et de remarquables dispositions, il avait gardé les richesses d’imagination et de sensibilité, dont son âme d’artiste savait user pour produire dans les esprits l’image du modèle divin. Toutes qualités humaines, sans doute, mais dont il s’aidait pour conduire les pécheurs au repentir, les justes à la sainteté, les errants à la vérité, conquérant à l’amour du Christ les cœurs desséchés par le souffle glacé et aride de l’égoïsme.

Incomparablement plus que sa propre activité humaine, il mettait en jeu le concours divin qu’il attirait par sa vie de prière. Toujours en mouvement, toujours en contact avec les hommes, il était en même temps toujours recueilli, toujours livré à l’intimité divine, luttant, pour ainsi dire, contre la justice sévère de Dieu pour obtenir de sa miséricorde les grâces victorieuses de l’obstination des plus endurcis ; il semblait, comme le patriarche en lutte contre l’ange, répéter sans cesse la prière irrésistible : « Je ne vous laisserai point que vous ne m’ayez béni » (Gen. XXXII, 27).

Il n’ignorait pas non plus que, sans la pénitence, l’abnégation, la mortification continuelle, la prière toute seule ne suffit pas à vaincre l’esprit du mal : « in oratione et ieiunio » (Marc IX, 29). Et notre missionnaire joignait aux fatigues des plus intrépides apôtres les saintes cruautés des plus austères ascètes. N’a-t-il pas observé presque à la lettre la consigne donnée par le Maître à ses envoyés : « N’emportez rien pour la voyage, ni bâton, ni pain, ni sac, ni argent, et n’ayez point deux tuniques » (Luc IX, 3) ? La seule soutane, usée et rapiécée, qu’il portait sur lui était si pauvre, que les mendiants qui le rencontraient se croyaient en devoir de l’assister de leurs aumônes.

Crucifié lui même, il était en droit de prêcher avec autorité le Christ crucifié (cf. 1 Cor. I, 23). Partout, envers et contre tous, il érigeait des Calvaires et il les réédifiait avec une indéfectible patience, lorsque l’esprit du siècle, inimicus crucis Christi (cf. Phil. III, 18), les avait fait abattre. Il traçait moins un programme de vie qu’il ne peignait son propre portrait dans sa lettre « aux Amis de la Croix» : « Un homme choisi de Dieu entre dix mille qui vivent selon les sens et la seule raison, pour être un homme tout divin, élevé au-dessus de la raison et tout opposé aux sens, par une vie et lumière de pure foi et un amour ardent pour la Croix ».

Le grand ressort de tout son ministère apostolique, son grand secret pour attirer les âmes et les donner à Jésus, c’est la dévotion à Marie. Sur elle il fonde toute son action : en elle est toute son assurance, et il ne pouvait trouver arme plus efficace à son époque. À l’austérité sans joie, à la sombre terreur, à l’orgueilleuse dépression du jansénisme, il oppose l’amour filial, confiant, ardent, expansif et effectif du dévot serviteur de Marie, envers celle qui est le refuge des pécheurs, la Mère de la divine Grâce, notre vie, notre douceur, notre espérance. Notre avocate aussi ; avocate qui placée entre Dieu et le pécheur est toute occupée à invoquer la clémence du juge pour fléchir sa justice, à toucher le cœur du coupable pour vaincre son obstination. Dans sa conviction et son expérience de ce rôle de Marie, le missionnaire déclarait avec sa pittoresque simplicité que « jamais pécheur ne lui a résisté, une fois qu’il lui a mis la main au collet avec son rosaire ».

Encore faut-il qu’il s’agisse d’une dévotion sincère et loyale. Et l’auteur du « Traité de la vraie dévotion à la Sainte Vierge » distingue en traits précis celle-ci d’une fausse dévotion plus ou moins superstitieuse, qui s’autoriserait de quelques pratiques extérieures ou de quelques sentiments superficiels pour vivre à sa guise et demeurer dans le péché comptant sur une grâce miraculeuse de la dernière heure.

La vraie dévotion, celle de la tradition, celle de l’Église, celle, dirions-Nous, du bon sens chrétien et catholique, tend essentiellement vers l’union à Jésus, sous la conduite de Marie. Forme et pratique de cette dévotion peuvent varier suivant les temps, les lieux, les inclinations personnelles. Dans les limites de la doctrine saine et sûre, de l’orthodoxie et de la dignité du culte, l’Église laisse à ses enfants une juste marge de liberté. Elle a d’ailleurs conscience que la vraie et parfaite dévotion envers la Sainte Vierge n’est point tellement liée à ces modalités qu’aucune d’elles puisse en revendiquer le monopole.

Et voilà pourquoi, chers fils et chères filles, Nous souhaitons ardemment que, par dessus les manifestations variées de la piété envers la Mère de Dieu, Mère des hommes, vous puisiez tous, dans le trésor des écrits et des exemples de notre saint, ce qui a fait le fond de sa dévotion mariale : sa ferme conviction de la très puissante intercession de Marie, sa volonté résolue d’imiter autant que possible les vertus de la Vierge des vierges, l’ardeur véhémente de son amour pour elle et pour Jésus.

Avec l’intime confiance que la Reine des cœurs vous obtiendra de l’Auteur de tout bien cette triple faveur, Nous vous donnons en gage, à vous, à tous ceux qui vous sont chers, à tous ceux qui se recommandent du patronage de saint Louis-Marie Grignion de Montfort et qui l’invoquent en union avec vous, Notre Bénédiction apostolique.

Pius pp. XII

Armoiries de Pie XII

Gisant de Saint Louis-Marie à Saint Laurent sur Sèvre
Gisant de cire de Saint Louis-Marie Grignion de Montfort
Maison-mère des Filles de la Sagesse, à Saint-Laurent-sur-Sèvre

Duchés de Parme & Plaisance

Couronne une prince de sang
Coat of arms of the House of Bourbon-Parma.svg
Naissance d'un nouveau Prince du Sang : 
le prince de Plaisance, 
duc héritier de Parme & Plaisance
40e successible à la Couronne de France

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Les heureux parents : le duc et la duchesse de Parme & Plaisance.


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  LL.AA.RR. le prince Charles V (roi Charles-Xavier II d'Espagne pour les Carlistes) et la princesse Anne-Marie de Bourbon-Parme, ducs souverains de Parme et de Plaisance, de Lucques, Guastella, Bozzolo et Sabbioneta, viennent de donner ce dimanche 24 avril à La Haye aux Pays-Bas un héritier à leurs Couronnes en la personne de S.A.R. le prince Charles Henri Léonard de Bourbon-Parme.


Drapeau
Drapeau de Parme.
   Il devient, comme héritier des duchés, prince de Plaisance, duc de Madrid et 40e successible à la Couronne de France à la place de son oncle Jacques de Bourbon-Parme. 

Afficher l'image d'origineRésultat de recherche d'images pour "blason madrid"
Ecus de Plaisance et de Madrid.


Nos félicitations aux parents, 
et nos voeux de sainteté à ce tout jeune prince capétien !


Il y a désormais 132 princes héritiers du sang capétien, et le duc d'Orléans devient 81e successible. S.M. le roi Louis XX est l'aîné et le chef de la Maison capétienne.


Vatican

Willem-Alexander
Visite au Vatican 
du roi et de la reine des Pays-Bas

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   LL.MM. le roi Guillaume-Alexandre et la reine Maxima des Pays-Bas ont été reçus par S.S. le pape François Ier ce lundi 25 avril 2016, accompagnés de leurs filles, LL.AA.RR. la princesse héritière Amalia et les princesses Alexia et Ariane. 
   La Reine est argentine de naissance comme le Saint-Père, et est demeurée catholique malgré son mariage en 2002 avec celui qui n'était encore que le prince d'Orange, héritier protestant ("prétendu réformé"-luthérien) de la Couronne des Pays-Bas. Le 19 mars 2013, le couple héritier avait assisté à la Messe inaugurale du pontificat. Bien que reine catholique, la Reine porte la mantille noire puisque reine consort d'une dynastie protestante.

Litanies mineures du 25 avril

Les Litanies mineures ou romaines du 25 avril

Abstinence conseillée.
Saint Grégoire de Tours raconte que pendant l’automne 589, Rome fut affligée d’une inondation suivie d’une épidémie dont fut victime le pape Pélage II.
Pour conjurer la justice divine, Grégoire le Grand ordonna une procession solennelle accomplie d’une manière grandiose.
Tombant en temps pascal (et pouvant même être célébrée pendant l’Octave de Pâques, sauf le dimanche même de Pâques et le lundi), cette cérémonie pénitentielle garde un caractère festif (Alléluia à l’Introït, avant l’évangile et à la communion, préface pascale). C’est la raison pour laquelle, même si on faisait abstinence, on ne jeûne pas.



Litanies des Saints

Résultat de recherche d'images pour "dom guéranger"« On ne saurait trop estimer les Litanies des Saints, à cause de leur puissance et de leur efficacité. L’Église y a recours dans toutes les grandes occasions, comme à un moyen de se rendre Dieu propice, en faisant un appel à la Cour céleste tout entière. [...] Que l’on récite ces Litanies en union avec la sainte Église : on aura part aux avantages d’une si sainte institution, et on contribuera à obtenir les grâces que la Chrétienté sollicite de toutes parts [...] ; enfin on aura fait acte de Catholique ».
Dom Prosper Guéranger

Résultat de recherche d'images pour "cardinal schuster"« Les Litanies des Saints, chantées durant ce triduum, sont l’un des plus précieux joyaux de l’ancienne eucologie. Dans la forme actuelle, qui remonte au moins au Xe siècle, la longue série des apôtres, des martyrs, des prêtres, des confesseurs et des vierges rappelle les théories de saints que nos pères aimaient à représenter en mosaïque le long des nefs des basiliques. Ce sont là les fastes glorieux de l’Église, les raisons que nous avons d’espérer. Si maintenant la Jérusalem céleste se réjouit de si nombreux et si nobles habitants, ceux-ci du moins furent nourris dans le sein de l’Église militante, et chaque couronne, chaque trône occupé dans le Ciel, a coûté à l’Église d’âpres luttes, des douleurs aiguës et du sang. C’est là le riche sacrifice d’holocauste que la famille chrétienne rend au Christ en échange de celui du Calvaire ».
Bienheureux cardinal Schuster

Kýrie eléison.
Christe eléison.
Kýrie eléison.
Pater de cælis Deus, miserére nobis.
Fili Redémptor mundi Deus, miserére nobis.
Spíritus Sancte Deus, miserére nobis.
Sancta Trínitas unus Deus, miserére nobis.
Sancta María, ora pro nobis.
Sancta Dei Génitrix, ora pro nobis.
Sancta Virgo vírginum, ora pro nobis.
Sancte Míchaël, ora pro nobis.
Sancte Gábriel, ora pro nobis.
Sancte Ráphaël, ora pro nobis.
Omnes sancti Angeli et Archángeli, oráte pro nobis.
Omnes sancti beátorum Spirítuum órdines, oráte pro nobis.
Sancte Ioánnes Baptísta, ora pro nobis.
Sancte Ioseph, ora pro nobis.
Omnes sancti Patriárchæ et Prophétæ, oráte pro nobis.
Sancte Petre, ora pro nobis.
Sancte Paule, ora pro nobis.
Sancte Andrea, ora pro nobis.
Sancte Iacóbe, ora pro nobis.
Sancte Ioánnes, ora pro nobis.
Sancte Thoma, ora pro nobis.
Sancte Iacóbe, ora pro nobis.
Sancte Phílippe, ora pro nobis.
Sancte Bartholomǽe, ora pro nobis.
Sancte Matthǽe, ora pro nobis.
Sancte Simon, ora pro nobis.
Sancte Thaddǽe, ora pro nobis.
Sancte Matthía, ora pro nobis.
Sancte Bárnaba, ora pro nobis.
Sancte Luca, ora pro nobis.
Sancte Marce, ora pro nobis.
Omnes sancti Apóstoli et Evangelístæ, oráte pro nobis.
Omnes sancti Discípuli Dómini, oráte pro nobis.
Omnes sancti Innocéntes, oráte pro nobis.
Sancte Stéphane, ora pro nobis.
Sancte Laurénti, ora pro nobis.
Sancte Vincénti, ora pro nobis.
Sancti Fabiáne et Sebastiáne, oráte pro nobis.
Sancti Ioánnes et Paule, oráte pro nobis.
Sancti Cosma et Damiáne oráte pro nobis.
Sancti Gervási et Protási, oráte pro nobis.
Omnes sancti Mártyres, oráte pro nobis.
Sancte Silvéster, ora pro nobis.
Sancte Gregóri, ora pro nobis.
Sancte Ambrósi, ora pro nobis.
Sancte Augustíne, ora pro nobis.
Sancte Hierónyme, ora pro nobis.
Sancte Martíne, ora pro nobis.
Sancte Nicoláe, ora pro nobis.
Omnes sancti Pontífices et Confessóres, oráte pro nobis.
Omnes sancti Doctóres, oráte pro nobis.
Sancte Antóni, ora pro nobis.
Sancte Benedícte, ora pro nobis.
Sancte Bernárde, ora pro nobis.
Sancte Domínice, ora pro nobis.
Sancte Francísce, ora pro nobis.
Omnes sancti Sacerdótes et Levítæ, oráte pro nobis.
Omnes sancti Mónachi et Eremítæ, oráte pro nobis.
Sancta María Magdaléna, ora pro nobis.
Sancta Agatha, ora pro nobis.
Sancta Lúcia, ora pro nobis.
Sancta Agnes, ora pro nobis.
Sancta Cæcília, ora pro nobis.
Sancta Catharína, ora pro nobis.
Sancta Anastásia, ora pro nobis.
Omnes sanctæ Vírgines et Víduæ, oráte pro nobis.
Omnes Sancti et Sanctæ Dei, intercédite pro nobis.
Propítius esto, parce nobis Dómine.
Propítius esto, exáudi nos Dómine.
Ab omni malo, líbera nos Dómine.
Ab omni peccáto, líbera nos Dómine.
Ab ira tua, líbera nos Dómine.
A subitánea et improvísa morte, líbera nos Dómine.
Ab insídiis diáboli, líbera nos Dómine.
Ab ira, et ódio, et omni mala voluntáte, líbera nos Dómine.
A spíritu fornicatiónis, líbera nos Dómine.
A fúlgure et tempestáte, líbera nos Dómine.
A flagéllo terræmótus, líbera nos Dómine.
A peste, fame, et bello, líbera nos Dómine.
A morte perpétua, líbera nos Dómine.
Per mystérium sanctæ incarnatiónis tuæ, líbera nos Dómine.
Per advéntum tuum, líbera nos Dómine.
Per nativitátem tuam, líbera nos Dómine.
Per baptísmum et sanctum ieiúnium tuum, líbera nos Dómine.
Per crucem et passiónem tuam, líbera nos Dómine.
Per mortem et sepultúram tuam, líbera nos Dómine.
Per sanctam resurrectiónem tuam, líbera nos Dómine.
Per admirábilem ascensiónem tuam, líbera nos Dómine.
Per advéntum Spíritus Sancti Parácliti, líbera nos Dómine.
In die iudícii, líbera nos Dómine.
Peccatóres, te rogámus audi nos.
Ut nobis parcas, te rogámus audi nos.
Ut nobis indúlgeas, te rogámus audi nos.
Ut ad veram pæniténtiam nos perdúcere dignéris, te rogámus audi nos.
Ut Ecclésiam tuam sanctam * régere et conserváre dignéris, te rogámus audi nos.
Ut Domnum Apostólicum et omnes ecclesiásticos órdines * in sancta religióne conserváre dignéris, te rogámus audi nos.
Ut Regem nostrum custodire digneris, te rogamus audi nos.
Ut inimícos sanctæ Ecclésiæ * humiliáre dignéris, te rogámus audi nos.
Ut régibus et princípibus christiánis * pacem et veram concórdiam donáre dignéris, te rogámus audi nos.
Ut cuncto pópulo christiáno * pacem et unitátem largíri dignéris, te rogámus audi nos.
Ut omnes errántes ad unitátem Ecclésiæ revocáre, * et infidéles univérsos ad Evangélii lumen perdúcere dignéris, te rogámus audi nos.
Ut nosmetípsos in tuo sancto servítio * confortáre et conserváre dignéris, te rogámus audi nos.
Ut mentes nostras * ad cæléstia desidéria érigas, te rogámus audi nos.
Ut ómnibus benefactóribus nostris * sempitérna bona retríbuas, te rogámus audi nos.
Ut ánimas nostras, * fratrum, propinquórum et benefactórum nostrórum * ab ætérna damnatióne erípias, te rogámus audi nos.
Ut fructus terræ * dare et conserváre dignéris, te rogámus audi nos.
Ut ómnibus fidélibus defúnctis * réquiem ætérnam donáre dignéris, te rogámus audi nos.
Ut nos exaudíre dignéris, te rogámus audi nos.
Fili Dei, te rogámus audi nos.
Agnus Dei, qui tollis peccáta mundi, parce nobis Dómine.
Agnus Dei, qui tollis peccáta mundi, exáudi nos Dómine.
Agnus Dei, qui tollis peccáta mundi, miserére nobis.
Christe, audi nos.
Christe, exáudi nos.
Kýrie eléison.
Christe eléison.
Kýrie eléison.
Pater noster. secreto usque ad
V/. Et ne nos indúcas in tentatiónem.
R/. Sed líbera nos a malo.
Psalmus 69
Deus, in adiutórium meum inténde : * Dómine, ad adiuvándum me festína.
Confundántur et revereántur, * qui quærunt ánimam meam.
Avertántur retrórsum, et erubéscant, * qui volunt mihi mala.
Avertántur statim erubescéntes, * qui dicunt mihi : Euge, euge.
Exsúltent et læténtur in te omnes qui quærunt te, * et dicant semper : Magnificétur Dóminus : qui díligunt salutáre tuum.
Ego vero egénus, et pauper sum : * Deus, ádiuva me.
Adiútor meus, et liberátor meus es tu : * Dómine, ne moréris.
Glória Patri, et Fílio, * et Spirítui Sancto.
Sicut erat in princípio, et nunc, et semper, * et in sǽcula sæculórum. Amen.
V/. Salvos fac servos tuos.
R/. Deus meus sperántes in te.
V/. Esto nobis Dómine turris fortitúdinis.
R/. A fácie inimíci.
V/. Nihil profíciat inimícus in nobis.
R/. Et fílius iniquitátis non appónat nocére nobis.
V/. Dómine non secúndum peccáta nostra fácias nobis.
R/. Neque secúndum iniquitátes nostras retríbuas nobis.
V/. Orémus pro Pontífice nostro N.
R/. Dóminus consérvet eum, et vivíficet eum, + et beátum fáciat eum in terra, * et non tradat eum in ánimam inimicórum eius.
V/. Oremus pro Rege nostro Ludovico.
R/. Domine salvum fac Regem et exaudi nos in die qua invocaverimus Te.
V/. Orémus pro benefactóribus nostris.
R/. Retribúere dignáre Dómine, + ómnibus nobis bona faciéntibus propter nomen tuum, * vitam ætérnam. Amen.
V/. Orémus pro fidélibus defúnctis.
R/. Réquiem ætérnam dona eis Dómine, * et lux perpétua lúceat eis.
V/. Requiéscant in pace.
R/. Amen.
V/. Pro frátribus nostris abséntibus.
R/. Salvos fac servos tuos, * Deus meus, sperántes in te.
V/. Mitte eis Dómine auxílium de sancto.
R/. Et de Sion tuére eos.
V/. Dómine exáudi oratiónem meam.
R/. Et clamor meus ad te véniat.
V/. Dóminus vobíscum.
R/. Et cum spiritu tuo.
Orémus.
Oratio
Deus, cui próprium est miseréri semper et párcere : súscipe deprecatiónem nostram ; ut nos, et omnes fámulos tuos, quos delictórum caténa constríngit, miserátio tuæ pietátis cleménter absólvat.
Exáudi, quǽsumus Dómine, súpplicum preces : et confiténtium tibi parce peccátis ; ut páriter nobis indulgéntiam tríbuas benígnus et pacem.
Ineffábilem nobis Dómine misericórdiam tuam cleménter osténde : ut simul nos et a peccátis ómnibus éxuas ; et a pœnis, quas pro his merémur, erípias.
Deus, qui culpa offénderis, pæniténtia placáris : preces pópuli tui supplicántis propítius réspice ; et flagélla tuæ iracúndiæ quæ pro peccátis nostris merémur, avérte.
Omnípotens sempitérne Deus, miserére fámulo tuo Pontífici nostro N. : et dírige eum secúndum tuam cleméntiam in viam salútis ætérnæ ; ut, te donánte, tibi plácita cúpiat, et tota virtúte perfíciat.
Quaesumus, omnipotens Deus, ut famulus Tuus Ludovicus Rex noster, qui Tua miseratione suscepit regni gubernacula, virtutum etiam omnium percipiat incrementa quibus decenter ornatus est, et vitiorum monstra devitare, hostes superare, et ad Te, Qui via, veritas et vita es, gratiosus valeat pervenire.
Deus, a quo sancta desidéria, recta consília, et iusta sunt ópera : da servis tuis illam, quam mundus dare non potest, pacem ; ut et corda nostra mandátis tuis dédita, et hóstium subláta formídine, témpora sint tua protectióne tranquílla.
Ure igne Sancti Spíritus renes nostros et cor nostrum Dómine : ut tibi casto córpore serviámus, et mundo corde placeámus.
Fidélium Deus ómnium cónditor et redémptor, animábus famulórum famularúmque tuárum remissiónem cunctórum tríbue peccatórum : ut indulgéntiam, quam semper optavérunt, piis supplicatiónibus consequántur.
Actiónes nostras, quǽsumus Dómine, aspirándo prǽveni, et adiuvándo proséquere : ut cuncta nostra orátio et operátio a te semper incípiat, et per te cœpta finiátur.
Omnípotens sempitérne Deus, qui vivórum domináris simul et mortuórum, omniúmque miseréris, quos tuos fide et ópere futúros esse prænóscis : te súpplices exorámus ; ut pro quibus effúndere preces decrévimus, quosque vel præsens sǽculum adhuc in carne rétinet, vel futúrum iam exútos córpore suscépit, intercedéntibus ómnibus Sanctis tuis, pietátis tuæ cleméntia, ómnium delictórum suórum véniam consequántur. Per Dóminum nostrum Iesum Christum Fílium tuum : qui tecum vivit et regnat in unitáte Spíritus Sancti Deus, per omnia sǽcula sæculórum.
R/. Amen.
V/. Dominus vobiscum.
R/. Et cum spiritu tuo.
V/. Exáudiat nos omnípotens et miséricors Dóminus.
R/. Amen.
V/. Et fidélium ánimæ per misericórdiam Dei requiéscant in pace.
R/. Amen.

Dom Guéranger, dans l’Année Liturgique

Ce jour est remarquable dans les fastes de la Liturgie par la célèbre Procession dite de Saint-Marc. Cette appellation cependant n’est pas exacte, puisque la procession était déjà fixée au 25 avril, avant l’institution de la fête du saint Évangéliste, qui n’avait pas encore son jour spécial dans l’Église romaine au VIe siècle. Le véritable nom de cette Procession est Litanie majeure. Le mot Litanie signifie Supplication, et s’entend d’une marche religieuse durant laquelle on exécute des chants qui ont pour but de fléchir le ciel. Ce mot désigne également le cri que l’on y fait entendre : « Seigneur, ayez pitié ! » c’est le sens des deux mots grecs : Kyrie, eleison. Plus tard on a appliqué le nom de Litanies à tout l’ensemble d’invocations qui ont été ajoutées à la suite des deux mots grecs, de manière à former un corps de prière liturgique que l’Église emploie dans certaines circonstances importantes.
La Litanie majeure, ou grande Procession, est ainsi nommée pour la distinguer des Litanies mineures, ou processions moindres sous le rapport de la solennité ou du concours. On voit par un passage de saint Grégoire le Grand que l’usage de l’Église Romaine était de célébrer chaque année une Litanie majeure, à laquelle tout le Clergé et tout le peuple prenaient part, et que cet était déjà ancien. Le saint Pontife ne fit autre chose que de fixer au 25 avril cette Procession, et d’indiquer la Basilique de Saint-Pierre pour lieu de la station.
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Plusieurs auteurs liturgistes ont confondu avec cette institution les Processions que saint Grégoire ordonna plusieurs fois dans les calamités publiques, et qui sont totalement distinctes de celle d’aujourd’hui. Celle-ci avait lieu antérieurement, mais sans époque absolument déterminée, et elle n’est redevable à saint Grégoire que de son attribution au 25 avril. C’est donc à ce jour qu’elle est affectée, et non à la solennité de saint Marc établie postérieurement. S’il arrive que le 25 avril tombe dans la semaine de Pâques, la procession a lieu le jour-même, à moins que ce jour ne soit celui de Pâques ; quant à la fête du saint Évangéliste, elle est alors renvoyée après l’Octave.

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Résultat de recherche d'images pour "grégoire le grand"On demandera peut-être pourquoi saint Grégoire a choisi de préférence le 25 avril, pour y établir une Procession et une Station où tout respire la componction et la pénitence, dans une saison de l’année où l’Église est tout entière aux joies de la résurrection du Sauveur. Un savant liturgiste du siècle dernier, le chanoine Moretti, a le premier résolu ce problème. Dans une dissertation érudite il a constaté que l’Église Romaine, au Ve siècle et probablement dès le IVe, célébrait solennellement la journée du 25 avril. La population se rendait en ce jour à la Basilique de Saint-Pierre, afin d’y célébrer l’anniversaire du jour où le Prince des Apôtres, entrant dans Rome, était venu apporter à la ville éternelle la dignité inamissible de capitale suprême de toute la Chrétienté. De ce jour commencent en effet les vingt-cinq années, deux mois et quelques jours, que Pierre siégea dans Rome. Le Sacramentaire Léonien contient encore la Messe de cette solennité tombée plus tard en désuétude. Saint Grégoire, le grand organisateur de la Liturgie, ne voulut pas qu’un jour si auguste passât chaque année sans réveiller chez les Romains le souvenir de l’événement qui fait la principale gloire de leur cité, et il ordonna que l’Église de Saint-Pierre fût le rendez-vous de la grande Litanie fixée pour jamais à ce jour. La coïncidence assez fréquente du 25 avril avec l’Octave de la Pâque ne permettait pas d’établir une fête proprement dite pour commémorer l’arrivée de saint Pierre à Rome ; saint Grégoire prit donc le seul parti qui restait à prendre pour conserver un si grand souvenir.
Mais le saint Pontife ne put empêcher le contraste très prononcé qui exista dès lors entre les allégresses du moment présent et les sentiments de pénitence qui doivent accompagner la Procession et la Station de la Litanie majeure, instituées l’une et l’autre dans le but d’implorer la miséricorde divine. Comblés de faveurs de toute espèce en ce saint Temps, inondés des joies pascales, ne nous plaignons pas cependant de la nécessité que la sainte Église nous impose de rentrer pour quelques heures dans les sentiments de componction qui conviennent à des pécheurs comme nous. Il s’agit de détourner les fléaux que les iniquités de la terre ont mérités, d’obtenir, en s’humiliant et en invoquant le crédit de la Mère de Dieu et des Saints, la cessation des maladies, la conservation des moissons ; de présenter enfin à la divine justice une compensation à l’orgueil, à la mollesse et aux révoltes de l’homme. Entrons dans ces sentiments, et reconnaissons humblement la part qu’ont nos propres péchés dans les motifs qui ont excité le courroux céleste ; et nos faibles supplications, unies à celles de la sainte Église, obtiendront grâce pour les coupables et pour nous qui sommes du nombre.
Ce jour consacré à la réparation de la gloire divine ne pouvait se passer sans les expiations salutaires dont le Chrétien doit accompagner l’offrande de son cœur repentant. L’abstinence de la viande a été exigée de tout temps à Rome en ce jour ; et lorsque la Liturgie Romaine eut été établie en France par Pépin et Charlemagne, la grande Litanie du 25 avril se trouvant dès lors en usage chez nous, le même précepte d’abstinence y fut promulgué. Le concile d’Aix-la-Chapelle de 836 ajouta l’obligation de suspendre en ce jour les œuvres serviles, et cette même disposition se retrouve dans les Capitulaires de Charles le Chauve. Quant au jeûne proprement dit, le Temps pascal ne l’admettant pas, il ne semble pas avoir été observé en ce jour, au moins d’une manière générale. Amalaire, au IXe siècle, atteste qu’on ne le pratiquait pas même à Rome de son temps.
Dans le cours de la Procession, on chante les Litanies des Saints, suivies des nombreux Versets et Oraisons qui les complètent. La Messe de la Station est célébrée selon le rite du Carême, sans Gloria in excelsis et avec la couleur violette.

Mais qu’il nous soit permis de protester contre la négligence d’un grand nombre de Chrétiens, de personnes même plus ou moins adonnées à la piété, et que l’on ne voit jamais assister à la Procession de Saint-Marc ni à celles des Rogations. Le relâchement sur ce point est à son comble, surtout dans les villes. Ces mêmes Chrétiens ont accueilli cependant avec satisfaction la remise de l’abstinence qui a été obtenue pour certains diocèses ; il semble que cette indulgence devrait les rendre d’autant plus empressés à prendre part à l’œuvre de la prière, celle de la pénitence ayant été allégée par la dispense. La présence du peuple fidèle aux Litanies fait partie essentielle de ce rite réconciliateur, et Dieu n’est pas obligé de prendre en considération des prières auxquelles ne s’unissent pas ceux qui sont appelés à les lui offrir. C’est là un des mille points sur lesquels une prétendue dévotion privée a jeté dans l’illusion beaucoup de personnes. A son arrivée dans la ville de Milan, saint Charles Borromée trouva aussi que son peuple laissait le clergé accomplir seul la Procession du 25 avril. Il se fit une loi d’y assister en personne, et il y marchait nu-pieds. Le peuple ne tarda pas à se presser sur les pas de son pasteur.