Note

   Les prédicats d' "Altesse Royale" ne conviennent pas pour désigner Monseigneur le duc d'Anjou et son épouse : on ne dit pas "Son Altesse Royale le Prince Louis de Bourbon" (ou le duc d'Anjou), mais "Monseigneur le Prince Louis de Bourbon" ou "Monseigneur le duc d'Anjou" et en ce qui concerne son épouse on dit "Madame la duchesse d'Anjou".
   Le prédicat d' "Altesse Royale" convient aux Enfants de France, mais ne s'utilise toutefois pas lorsque l'on parle du Dauphin : pour ce dernier on doit dire "Monseigneur le Dauphin" (sans mention du prénom) et non pas "Son Altesse Royale le Dauphin Louis".

   En revanche - lorsqu'on parle d'eux, mais sans s'adresser à eux - on doit dire : "Son Altesse Royale la Princesse Eugénie", et "Son Altesse Royale Monseigneur le Prince Alphonse", ou encore pour ce dernier "Monseigneur le duc de Berry". 
   On ne devra JAMAIS dire seulement "Son Altesse" à une Altesse Royale (ce serait une offense).
   Lorsqu'on s'adresse à la Princesse Eugénie, comme lorsqu'on s'adresse à sa mère, on doit simplement dire "Madame".

   Et lorsqu'on s'adresse au Prince Louis, comme aussi à son fils le Dauphin Louis, et aussi à son second fils le Prince Alphonse, on dit seulement : "Monseigneur".
   Le titre de "Madame Royale" - que j'ai lu sous la plume de certains Légitimistes pour parler de la Princesse Eugénie, est une pure fantaisie. La fille aînée du Roi ne porte le titre de "Madame Royale" que lorsqu'il y a déjà une autre "Madame", en l'occurrence l'épouse de "Monsieur", qui est l'aîné des frères puinés du Roi.

"Madame Royale" est le titre propre de la fille aînée du Roi (et uniquement de la fille aînée : les autres sont "Madame + prénom") LORSQUE le titre de "Madame" est déjà porté par l'épouse de Monsieur : c'était le cas au moment de Marie-Thérèse de France, Monsieur - futur Louis XVIII - étant déjà marié. Dans le sens inverse, si Marie-Thérèse fût née avant le mariage de son oncle, elle eût été "Madame" tout simplement, et l'épouse de Louis Stanislas Xavier eût été "Madame, comtesse de Provence".
   Le Prince Louis n'ayant pas de frère, il n'y a personne dans son entourage qui soit "Monsieur" donc, et par conséquence pas d'autre "Madame", donc le titre de "Madame Royale" ne convient pas à la Princesse Eugénie

Poème

Être & Avoir

Loin des vieux livres de grammaire,
Écoutez comment un beau soir,
Ma mère m'enseigna les mystères
Du verbe être et du verbe avoir.

Parmi mes meilleurs auxiliaires,
Il est deux verbes originaux.
Avoir et Être étaient deux frères
Que j'ai connus dès le berceau.

Bien qu'opposés de caractère,
On pouvait les croire jumeaux,
Tant leur histoire est singulière.
Mais ces deux frères étaient rivaux.

Ce qu'Avoir aurait voulu être
Être voulait toujours l'avoir.
À ne vouloir ni dieu ni maître,
Le verbe Être s'est fait avoir.

Son frère Avoir était en banque
Et faisait un grand numéro,
Alors qu'Être, toujours en manque.
Souffrait beaucoup dans son ego.

Pendant qu'Être apprenait à lire
Et faisait ses humanités,
De son côté sans rien lui dire
Avoir apprenait à compter.

Et il amassait des fortunes
En avoirs, en liquidités,
Pendant qu'Être, un peu dans la lune
S'était laissé déposséder.

Avoir était ostentatoire
Lorsqu'il se montrait généreux,
Être en revanche, et c'est notoire,
Est bien souvent présomptueux.

Avoir voyage en classe Affaires.
Il met tous ses titres à l'abri.
Alors qu'Être est plus débonnaire,
Il ne gardera rien pour lui.

Sa richesse est tout intérieure,
Ce sont les choses de l'esprit.
Le verbe Être est tout en pudeur,
Et sa noblesse est à ce prix.

Un jour à force de chimères
Pour parvenir à un accord,
Entre verbes ça peut se faire,
Ils conjuguèrent leurs efforts.

Et pour ne pas perdre la face
Au milieu des mots rassemblés,
Ils se sont répartis les tâches
Pour enfin se réconcilier.

Le verbe Avoir a besoin d'Être
Parce qu'être, c'est exister.
Le verbe Être a besoin d'avoirs
Pour enrichir ses bons côtés.

Et de palabres interminables
En arguties alambiquées,
Nos deux frères inséparables
Ont pu être et avoir été.

....Oublie ton Passé, qu’il soit simple ou composé,
Participe à ton Présent pour que ton Futur* soit Plus que Parfait.....

Yves Duteil


*NDLR : Nous avons laissé le mot par respect du jeu littéraire, mais nous rappelons à nos lecteurs que l’on ne dit pas « le futur » mais « l’avenir ».

Vendredi de la deuxième semaine de Carême

Au Missel Romain (Propre à certains Lieux)
Vendredi après le 2e dimanche de Carême
(là où se célèbrent de saints exercices en mémoire de la Passion)
Miserere d'Allegri. Quand l'art atteignait la perfection par son ordonnancement à Dieu.

Messe du Saint Linceul de Turin
(rouge)

Mémoire du vendredi de la deuxième semaine de Carême

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Le SAINT LINCEUL DE TURIN est un tissu de lin jauni par le temps de 4m41 de long sur 1m13 de large. On peut y voir comme “imprimée”, lʼimage du corps dʼun homme nu, allongé, les mains croisées sur le pubis. Cette image montre son corps entier de face et de dos. Sur tout son corps, de face comme de dos, plus dʼune centaine de taches rouges de différentes tailles font penser à du sang. Quelques textes antérieurs à 1357 indiquent quʼun linge comportant une image est vénéré en Orient (à Edesse puis à Constantinople). Lʼhistoire de ce linge commence de manière certaine à Lirey en France aux environs de 1357. Il appartient alors à la famille de Charny. Après de nombreuses péripéties il passe aux mains de la famille de Savoie en 1453 puis cʼest le prince Humbert qui en fait don au Vatican en 1980. Il est conservé à Turin.


Introït (Phil. II, 8-9) : Le Seigneur Jésus Christ s’est humilié jusqu’à la mort, la mort de la croix ; c’est pourquoi Dieu l’a exalté, et lui a donné un nom qui est au-dessus de tous les noms. V/ (Ps. LXXXVIII) Je chanterai pour toujours la miséricorde du Seigneur ; J’annoncerai ta vérité d’une génération à l’autre. Gloire au Père…

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Saint Joseph d'Arimathie
est célébré le 17 mars.
Collecte : Dieu, qui nous avez laissé les traces de votre passion dans le saint Suaire où Joseph d’Arimathie avait enveloppé Votre très saint corps déposé de la croix : soyez nous propice, et concédez nous de parvenir à la gloire de la résurrection à travers Votre mort et sépulture. Vous qui, étant Dieu, vivez et régnez... 
Mémoire de la férie quadragésimale : Faites, ô Dieu tout-puissant, que purifiés par ce jeûne sacré, nous parvenions avec un cœur sincère aux saintes solennités qui approchent. Par J.C.N.S…

Épître (Is. LXII, 11-LXIII, 1-7) Voici ce que dit le Seigneur Dieu : Dites à la fille de Sion : Voici que vient ton Sauveur : Il a sa récompense avec lui. Qui est-il celui-ci qui vient d’Édom, les vêtements teints de pourpre ? Il est beau dans ses habits, il s’avance dans la splendeur de sa force. C’est moi, qui parle dans la justice, et je combats pour sauver. Pourquoi alors ta robe est-elle rouge, et tes vêtements sont comme ceux de celui qui vient du pressoir ? Seul, j’ai pressé le raisin, et personne n’est venu avec moi. J’ai pressé tous les peuples dans ma fureur, et je les ai écrasés dans ma rage. Et leur sang a giclé sur mes vêtements, et j’ai sali tous mes habits. En mon cœur s’est levé le jour de la vengeance, l’année de la rédemption est venue. J’ai regardé autour de moi, et il n’y avait personne pour m’aider, j’ai cherché, et il n’y avait personne. C’est ma main qui m’a sauvé, ma fureur elle-même m’est venue en aide. Et j’ai écrasé les peuples dans ma fureur, et je me suis enivré de mon indignation, j’ai réduit à néant leur force. Je me souviendrai de la miséricorde du Seigneur, je louerai le Seigneur notre Dieu pour toutes les choses qu’il a faites pour nous.

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Graduel (Ps. LXVIII, 21-22) : Mon Cœur s’est attendu aux outrages et à la misère : J’ai attendu quelqu’un qui s’attristerait avec Moi, mais personne n’est venu ; J’ai cherché quelqu’un qui Me consolerait, mais Je ne l’ai pas trouvé. V/ Pour nourriture, ils M’ont donné du fiel ; et dans Ma soif, ils M’ont abreuvé de vinaigre.

Trait (Is. LIII, 4-5) : Véritablement, Il a porté Lui-même nos maladies et S’est chargé de nos douleurs. V/ Et nous, nous Le regardions comme un lépreux, frappé par Dieu et humilié. V/ Mais Lui a été blessé à cause de nos iniquités ; Il a été brisé à cause de nos crimes. V/ Le châtiment qui nous procure la paix est tombé sur Lui, et nous avons été guéris par Ses meurtrissures.

Résultat de recherche d'images pour "saint joseph d'arimathie"X S. Évangile (Mc XV, 42-46) En ce temps-là : Le soir étant venu (c’était la préparation du Sabbat), Joseph d’Arimathie, homme noble appartenant aux autorités, qui attendait le royaume de Dieu, vint avec audace chez Pilate pour demander le corps de Jésus. Pilate se demandait s’il était déjà mort. Il fit alors venir le centurion, et l’interrogea si Jésus était déjà mort. L’ayant appris du Centurion, il donna le corps à Joseph. Joseph alors acheta un linceul dans lequel il déposa le corps. Et il le mit dans un sépulcre qui était creusé dans la roche, et il roula une grande pierre devant la porte du sépulcre. Credo.

Offertoire (Lev. XVI, 2-5) : Aaron étant entré dans le Tabernacle pour offrir sur l’autel un holocauste pour les péchés des fils d’Israël, il se revêtit d’une tunique en lin.
  
Secrète : Seigneur, acceptez ces dons, comme vous avez accepté la Passion glorieuse de votre Fils pour le salut du monde. Vous qui vivez et régnez… 
Mémoire de la férie quadragésimale : Ô Dieu, que ce sacrifice demeure en nous par son action et que son effet se confirme en notre âme. Par J.C.N.S…

Préface de la Sainte Croix Il est vraiment juste et nécessaire, c’est notre devoir et c’est notre salut, de Vous rendre grâces toujours et partout, Seigneur, Père saint, Dieu éternel et tout-puissant : Vous avez placé le salut du genre humain dans le bois de la Croix : pour, là-même où la mort été née, y faire surgir la vie : et pour que Celui Qui vainquit par le bois, fut aussi vaincu par le bois : par le Christ notre Seigneur. Par Lui les Anges louent Votre majesté, les Dominations Vous adorent, les Puissances se prosternent en tremblant. Les Cieux, les Vertus des Cieux et les bienheureux Séraphins la célèbrent, unis dans une même allégresse. A leurs chants, nous Vous prions, laissez se joindre aussi nos voix pour proclamer dans une humble louange : SANCTUS…

Joseph d'Arimathie,
par Le Pérugin (détail).
Communion (Mc XV, 46) : Joseph d’Arimathie, ayant acheté un Suaire et y déposant le Seigneur, il L’enveloppa dans le Linceul.

Postcommunion : Seigneur, Vous avez rassasié Votre famille par les dons sacrés ; nous Vous demandons, par la mort temporelle de Votre Fils, qu’attestent ces vénérables mystères, l’assurance que Vous nous avez donné la vie éternelle. Par le même Seigneur Jésus Christ… 
Mémoire de la férie quadragésimale : Faites, nous Vous en supplions, Seigneur, qu’ayant reçu le gage du salut éternel, nous tendions à ce salut de manière à pouvoir y parvenir. Par J.-C.

Dernier évangile de la férie quadragésimale (Matth. XXI, 33-46) : En ce temps-là, Jésus dit à la foule des Juifs et aux princes des prêtres cette parabole : Il y avait un père de famille qui planta une vigne, l’entoura d’une haie, y creusa un pressoir, et y bâtit une tour ; puis il la loua à des vignerons, et partit pour un pays lointain. Or, lorsque le temps des fruits approcha, il envoya ses serviteurs aux vignerons, pour recueillir les fruits de sa vigne. Mais les vignerons, s’étant saisis de ses serviteurs, battirent l’un, tuèrent l’autre, et en lapidèrent un autre. Il leur envoya encore d’autres serviteurs, en plus grand nombre que les premiers, et ils les traitèrent de même. Enfin il leur envoya son fils, en disant : Ils auront du respect pour mon fils. Mais les vignerons voyant le fils, dirent entre eux : Voici l’héritier ; venez, tuons-le, et nous aurons son héritage. Et s’étant saisis de lui, ils le jetèrent hors de la vigne et le tuèrent. Lors donc que le maître de la vigne sera venu, que fera-t-il à ces vignerons ? Ils lui dirent : II fera périr misérablement ces misérables, et il louera sa vigne à d’autres vignerons, qui lui en rendront les fruits en leur temps. Jésus leur dit : N’avez-vous jamais lu dans les Écritures : La pierre qu’ont rejetée ceux qui bâtissaient, celle-là même est devenue la tête de l’angle ; c’est le Seigneur qui a fait cela, et c’est une chose admirable à nos yeux ? C’est pourquoi, je vous dis que le royaume de Dieu vous sera enlevé, et qu’il sera donné à une nation qui en produira les fruits. Et celui qui tombera sur cette pierre, s’y brisera, et celui sur qui elle tombera, elle l’écrasera. Lorsque les princes des prêtres et les pharisiens eurent entendu ces paraboles, ils comprirent que Jésus parlait d’eux. Et cherchant à se saisir de lui, ils craignirent les foules, parce qu’elles le regardaient comme un prophète.

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lettres antiques autour du visage Afficher l'image d'origine

Albrecht Dürer : La Sainte Face portée par deux anges (1513 – musée du Louvre).
NDLR : A noter que l'on parle de LINCEUL ("sindo" en latin) pour le grand drap ayant enveloppé le Corps mort de N.-S. J.-C. (et conservé à Turin), et de SUAIRE pour le drap ayant couvert la Sainte Face de N.S. ("sudarium" ; conservé à Oviedo). Les taches des deux se superposent et correspondent au même groupe sanguin (AB).

Le Saint Suaire d'Oviedo

Tissu de lin conservé depuis le XIe siècle en la cathédrale d’Oviedo aux Asturies en Espagne, le SAINT SUAIRE forme un rectangle de 83 x 53 cm, cousu sur un fond de toile blanche et serti dans un cadre en argent, ce Suaire aurait été placé sur le visage du Christ de la descente de Croix jusqu’à son ensevelissement au Saint-Sépulcre, ou alors par-dessus le Linceul de Turin, lors de la mise au tombeau. Il porte plusieurs taches de sang. Mentionné à Jérusalem par un pèlerin dès 570, il fut transféré en 614 à Alexandrie lors de l’invasion musulmane, puis rejoignit Oviedo après avoir traversé l’Afrique, Séville et Tolède.

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Le suaire d'Oviedo, un faux byzantin dont on essaye de prouver l'authenticité
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Anniversaire

9e centenaire de la mort
du bienheureux Robert d'Arbrissel
(1047-1116)
prédicateur apostolique
fondateur de l'Ordre de Fontevraud
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Résultat de recherche d'images pour "robert d'arbrissel"Au prieuré d’Orsan dans le Berry, en 1116, le trépas du bienheureux Robert d’Arbrissel, prêtre, qui prêcha dans les rues la conversion des mœurs et rassembla hommes et femmes dans le monastère double de Fontevrault, sous la direction d’une abbesse.
Martyrologe romain
D'après l'article sur Robert d'Arbrissel sur Internet.
Robert est né vers 1047 au village de La Bussardière, près d'Arbrissel. Son père était un prêtre du nom de Damalioch. Il suivit à Paris des enseignements théologiques, fut peut-être élève d'Anselme de Laon, et reçu docteur en théologie. Il soutint la réforme grégorienne, promue par saint Grégoire VII.
Son évêque, Sylvestre de la Guerche, rétabli sur son siège en 1089, l'appela auprès de lui pour le seconder dans son effort de moralisation du clergé breton et lui confèra les dignités d'archiprêtre et d'official, luttant notamment contre la simonie. Après avoir travaillé pendant quatre ans à l'extirpation de ces désordres, Robert se vit exposé, avec la mort de l'évêque en 1093, au ressentiment des ecclésiastiques qu'il avait humiliés. Marbode, successeur de La Guerche, le laissa partir pour Angers, où il enseigna la théologie et se lia avec Geoffroy, abbé de Vendôme.
Vers 1095, Robert d'Arbrissel fit siens les principes de pauvreté prônés par saint Grégoire VII et attirait les foules par de fougueuses prédications4. Cédant à son goût pour la vie solitaire, il partit vivre en ermite dans la forêt de Craon, en Anjou.
L'évêque d'Angers, Geoffroy de Mayenne, le reçut en audience avec Renaud Ier de Craon, fils de Robert le Bourguignon, seigneur de Craon, et ses fils, et leur concéda sept masures dans la forêt où les chanoines pourraient s'établir. Il fut bientôt entouré d'une foule d'anachorètes attirés par la renommée de ses vertus et la sainte austérité de sa vie. D'ermites, ils devinrent cénobites sous sa direction, et il leur donna la règle des chanoines réguliers récemment réformée et refondue par Yves de Chartres.
Sa réputation de sainteté se répandit et de nombreux clercs et laïcs le rejoignirent, ce qui conduisit à l’Abbaye de la Roë. Il les partagea en trois colonies, se chargea d'en gouverner une, et confia les autres à Vital de Savigny et Raoul de La Futaie. À Craon il rencontra également d'autres ermites de la région comme saint Alleaume ou Bernard de Tiron.
Le 11 février 1096, le bienheureux pape Urbain II, qui avait lancé un an auparavant la première croisade, était à Angers, accompagné de nombreux prélats, Hugues de Diearchevêque de LyonAmat d’Oloronarchevêque de BordeauxYves de Chartresévêque de Chartres, Hoël, évêque du Mans, et des plus nobles seigneurs de la région. Robert d'Arbrissel fut présent dans cette assemblée, et devant le pape à la consécration de l'église Saint-Nicolas de Craon. Urbain II apprécia tant ses sermons qu'il lui conféra le titre de prédicateur apostolique, avec la permission de prêcher per universum mundum. En 1100, Robert assista encore au concile de Poitiers en compagnie de Bernard de Tiron.
En 1096, il reçut du pape Urbain II en visite à Angers, une mission de prédication. Devenu prédicateur itinérant, Robert d'Arbrissel se vit bientôt suivi par une foule nombreuse, d'hommes et de femmes de différentes classes sociales. « Sa parole avait la suavité du miel, un charme divin sortait de ses lèvres et captivait les âmes ». Séduits, ses auditeurs se mirent à le suivre en grand nombre dans ses pérégrinations.
Il s'installa entre 1099 et 1101, avec l'aide de Pierre II, évêque de Poitiers, dans un vallon nommé Fons Ebraudi et y fonda avec ses disciples une maison mixte, rompant avec les règles du monachisme ordinaire. En période de réforme grégorienne, l'attitude de Robert lui attira les foudres de la hiérarchie religieuse : la cohabitation d'hommes et de femmes dans un même lieu passait mal. Le premier protecteur fut le seigneur de Montsoreau, dont le château était tout proche. Le rayonnement du fondateur y attira de nombreuses femmes nobles. Ermengarde d'Anjou est un des premiers membres de la famille comtale angevine à prendre l'abbaye en considération. Fille de Foulque le Réchin, elle fit ratifier par son frère, Foulque V, ses dons à l'abbaye de Fontevraud. Elle s'y retira vers 1112 et ne quitta l'abbaye qu'en 1118.
Il s'agissait d'un monastère double et non mixte, c'est-à-dire que Robert s'engageait à ce qu'à aucun moment il n'y ait de contact entre un moine et une moniale. Il répartit ses adeptes en quatre lieux distincts: le Grand-Moustier avec les contemplatives, des moniales de chœur, Sainte-Marie Madeleine avec des sœurs converses, des femmes ayant vécu dans le siècle, Saint-Jean-l'Habit pour les moines et Saint-Lazare pour les sœurs qui soigneront les lépreux qui seront, eux, hébergés à l'extérieur. La fondation rencontra un grand succès et atteindra très vite 300 moniales de chœur. Cependant, Robert, qui dirigeait l'ensemble sans prendre le titre d'abbé, continuait de fréquenter les différents lieux du monastère et notamment, s'entretenait en privé avec les femmes, « syneisaktisme » que lui reprocha dans sa lettre Geoffroy, abbé de la Trinité de Vendôme, vers 1106-1107.
Lorsqu'il crut que son établissement pouvait se passer de lui, il reprit ses prédications itinérantes, parcourut la France, exhortant les riches à la charité, les pauvres à l'humilité, les femmes à la continence, et les hommes à l'amour de Dieu. On le vit à ChartresToulouseRouenPoitiersBloisPérigueux,.... Il assista, en 1104, au concile de Beaugency, et prit place parmi les prélats. L'évêque de Poitiers fut si satisfait de sa doctrine et des lois qu'il donna à ses disciples, qu'il sollicita du Saint-Siège les bulles de confirmation ; en les délivrant, le pape Pascal II déclara qu'il prenait cet ordre sous sa protection spéciale.
En 1115, sentant sa fin proche, Robert d'Arbrissel fixa les statuts de Fontevraud avec les moniales. Il convoqua les évêques et les abbés afin de pouvoir faire nommer et reconnaître la nomination d'une abbesse à la tête de l'abbaye. La décision fut avalisée et la même année fut nommée une jeune femme d'origine noble, Pétronille de Chemillé. La même année, il fit donner à son ami Géraud de Salles, les terres pour fonder l'abbaye de Cadouin, en présence du duc d'Anjou Foulque V et de personnalités angevines et poitevines.
C'est au milieu de ses travaux apostoliques que Robert tomba malade ; obligé de s'arrêter au prieuré d'Orsan, au diocèse de Bourges dans le Berry, il y mourut le 25 février 1116, léguant son cœur à Orsan et son corps à Fontevraud. L'archevêque de Bourges, son clergé, la noblesse des environs et une foule de laïcs, accompagnèrent son corps jusqu'à l'abbaye de Fontevraud, où on lui fit des obsèques solennelles. Lui qui avant demandé à être inhumé dans la boue du cimetière commun fut enterré près du maître-autel de l'Église abbatiale de Fontevraud, qui devint un lieu de dévotion populaire. Le 20 octobre 1847, ses restes furent remis à la communauté des Dames fontevristes de Chemillé.
Gravure du xviiie siècle, évoquant le gisant disparu de Robert d'Arbrissel à l'abbaye de Fontevraud.
Il est rare qu'une congrégation religieuse se retienne d'honorer celui qui fut son fondateur. C'est pourtant ce que fit l'ordre de Fontevraud : après sa mort, sa mémoire fut maintenue dans un oubli intentionnel. Ses audaces dérangèrent et bloquèrent sa canonisation, même s’il est tout de même célébré avec le titre de «bienheureux» le 25 février.
En 1655Jeanne-Baptiste de Bourbon, abbesse de Fontevraud, fille légitimée d'Henri IV et de Charlotte des Essarts, comtesse de Romorantin, sœur naturelle de Louis XIII, dernière abbesse de la famille des Bourbon, fit placer les restes de Robert dans un superbe tombeau de marbre, sur lequel on lisait l'épitaphe qu'Hildebert, évêque du Mans, avait faite en son honneur, et dont voici quelques vers :
« Attrivit lorica laïus, silis arida fauces, Dura famés stomacbum, lumina cura vigil. Induisit raro requiem sibi, rarius eseam. Gultura pascebat graraiue, corda Deo. Legibus est subjecta carq dominas rationis ; Et sapor unus ei, sed sapor ille Deus. »
Blason de Fontevraud-l'AbbayeÀ partir de 1189, Fontevraud devint nécropole royale, abritant les sépultures d’Henri II, d’Aliénor d’Aquitaine et de Richard Cœur de Lion. En 7 siècles, 36 abbesses, souvent issues de la haute noblesse, et parfois de sang royal, se succèdent à la tête de l’Abbaye. Peu à peu, un relâchement de certaines règles se fait sentir, allant de pair avec une ouverture à la vie mondaine. Nous sommes loin de l’ascèse originelle quand, au XVIIème siècle, sous le « règne » de l’abbesse Gabrielle de Rochechouart, nommée par Louis XIV en personne, on y joue Esther de Racine !
En 1792, la dernière abbesse de Fontevraud fut chassée par la Révolution. Douze ans plus tard, l’Abbaye était transformée en maison centrale par décret de Buonaparte. Fontevraud, qui accueillait jusqu’à 2 000 prisonniers, était alors considéré comme l’une des plus dures prisons de France, jusqu’à sa fermeture en 1963 et son ouverture au public en 1975.
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Le majestueux domaine abbatial de Fontevraud.
Les fameuses cuisines...
L'abbatiale vue du cloître.