Mardi 1er décembre : 1er mardi du mois et en France, mémoire de S. Eloi, Evêque & Confesseur.

Avent 2015


Sainte nouvelle Année liturgique !

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Pour bien vivre l'Avent (avec Frère Maximilien-Marie) : ici.
Textes et commentaires (notamment de Dom Guéranger) du 1er Dimanche : ici.

Retenons que l'Avent est le Temps du silence et de la méditation, à l'exemple de Notre-Dame.

En ce dimanche 29 novembre commence en outre la Neuvaine préparatoire à la fête de l'Immaculée Conception.


Vierge très Sainte, qui avez plu au Seigneur et êtes devenue sa Mère, Vierge Immaculée dans votre corps, dans votre âme, dans votre foi, et dans votre amour, de grâce, regardez avec bienveillance les malheureux qui implorent votre puissante protection.

Le serpent infernal, contre lequel fut jetée la première malédiction, continue, hélas ! à combattre et à tenter les pauvres fils d'Eve.

Ô Vous, notre Mère bénie, notre Reine et notre Avocate, vous qui avez écrasé la tête de l'ennemi dès le premier instant de votre Conception, accueillez nos prières et, nous vous en conjurons, unis en un seul cœur, présentez-les devant le Trône de Dieu, afin que nous ne nous laissions jamais prendre aux embûches qui nous sont tendues, mais que nous arrivions tous au port du Salut, et qu'au milieu de tant de périls, l'Église et la société chrétienne chantent encore une fois l'hymne de la délivrance, de la victoire et de la paix. Ainsi soit-il.

Allocution de S.M. le Roi


Chers Amis,

Alors qu’il y a quelques mois, nous apprenions qu’allait se tenir à Versailles la passionnante exposition Louis XIV et que nous organisions une soirée en hommage au grand roi, autour de la conférence qui nous a tant intéressés, personne n’imaginait que la France serait frappée par un acte d’une barbarie infinie.

La France frappée, et en particulier Paris, sa capitale. Paris, que le Comte de Chambord en 1870 alors que les ennemis étaient en son cœur qualifiait, de « la ville de Clovis, de Clotilde et de Geneviève, (…) la ville de Charlemagne et de Saint Louis, de Philippe Auguste et d’Henri IV, (…) la ville des sciences, des arts et de la civilisation ». L’ennemi, une nouvelle fois, est là !

Frappée au plus profond d’elle-même car, répétant un geste que les révolutionnaires connaissent bien, les assassins ont pris les jeunes pour cibles. Faire mourir des enfants, c’est aussi pour une part, tuer les parents. Alors, ne supportons plus le déni, donnons leurs sens aux événements et aux mots, parlons en vérité : ceux qui ont commis ces massacres sauvages sont des assassins et des barbares sans foi ni loi.

Ma compassion et mes prières vont à toutes les victimes et à leurs familles meurtries et j’adresse mes encouragements et félicitations aux forces de l’ordre et aux autorités judiciaires dont l’action dangereuse s’est révélée efficace ainsi qu’aux médecins et infirmières qui ont secouru et soigné, confrontés à des blessures de guerre bien inhabituelles pour eux.

Mais comme héritier des rois, comme héritier d’une tradition, ayant élevé au rang des principes intangibles de la politique, l’état de droit garanti par les Lois fondamentales, je ne peux, comme vous tous, que ressentir au plus profond de moi la tragédie que représentent de tels actes perpétrés sur notre sol, perpétrés contre la France et les Français.

Evoquer cette tragédie en cette journée, où nous tenions à honorer le roi Louis XIV à l’occasion du tricentenaire de sa mort, apparait alors comme un vrai symbole, tant elle en est l’antithèse. En effet, qu’a voulu le roi, si ce n’est tendre vers le meilleur régime ? Le moins mauvais, en tout cas, sachant ce que sont les individus. Gouvernement d’équilibre entre Dieu et les hommes. Entre les égoïsmes de chacun et le bien commun pour tous. Entre tradition et progrès.

S’il fut un grand souverain, celui dont le professeur Jean Christian Petitfils nous a si bien parlé ce soir, c’est qu’il a découvert tôt dans sa vie, lorsqu’il a décidé de gouverner personnellement, ces principes qu’il s’est appliqué ensuite à mettre en œuvre. Pouvoir d’équilibre et de maîtrise du monde naturel comme des hommes ; du monde spirituel comme des institutions. Pouvoir pour ordonner la société comme un jardin à la française, c’est-à-dire lui donner du sens, mais aussi pour permettre aux Lettres et aux Arts d’acquérir leur plein épanouissement. Sa mort fut à l’image de sa vie comme Madame Saule l’a si bien évoqué dans la remarquable exposition qu’elle a montée à Versailles et qu’elle m’a fait visiter cet après-midi. Sa mort résume sa vie et la magnifie. L’astre a alors rejoint les cieux !

Mais celui que les hommes avaient peut-être jugé un peu vite, trop occupé de sa propre grandeur, ne la poursuivait pas pour lui-même mais pour la France dont il a fait un exemple donné au monde et un modèle de civilisation.

Or, n’est-ce pas le message que l’on attend actuellement ? Notre société a besoin de sens et de modèles auxquels se référer. Ne faut-il pas, une nouvelle fois, rappeler la phrase si prophétique de saint JeanPaul II, « France qu’as-tu fait des promesses de ton baptême ? »
La France tient-elle toujours sa place ? Au fond d’elle-même peut-elle toujours dire qu’elle est un modèle à donner aux autres nations quand elle renie la vie, quand elle ne sait plus éduquer ses enfants, quand elle abandonne ses vieillards, quand elle baisse la garde alors que depuis près de 15 ans la menace était visible, quand elle oublie l’essentiel de son histoire et méprise la réalité au profit de l’idéologie ? Pour pouvoir être un modèle auquel le monde peut et veut adhérer, encore faut-il être exemplaire.

La France vient de montrer qu’elle était capable de l’être dans le malheur et lorsqu’elle est attaquée, en retrouvant une certaine union ainsi que réalisme et lucidité. Elle doit continuer à le montrer à l’avenir. Reprendre sa place de veilleur et de sentinelle dont la vocation est de protéger et de promouvoir ses idéaux puisés aux sources chrétiennes et ses valeurs nées de l’héritage gréco-romain et polies par quinze siècles d’histoire. « Ne l’oubliez pas, c’est du retour à ses traditions de Foi et d’honneur, que la grande nation, un moment affaiblie, recouvrera sa puissance et sa gloire », écrivait le Comte de Chambord toujours si pertinent dans ses jugements. C’est cette France que le monde attend et espère surtout quand les barbares sont à ses portes, prêts à répandre la mort, le désespoir, la ruine et la désolation.

Chacun à leur manière, Madame Saule et Monsieur Petitfils, à qui je tiens à redire tous mes remerciements, l’ont grandement montré. La première par l’exposition qu’elle offre à Versailles et qui j’en suis persuadé recevra de très nombreux visiteurs ; le second par ses talents d’historien et tous ses travaux dont la conférence de ce soir nous a donné un aperçu trop bref mais si convaincant.

La dynastie capétienne depuis les premiers temps, a toujours accompagné la France dans ses moments de gloires comme dans ceux d’épreuves : à Bouvines et à Rocroi, comme à Crécy et Malplaquet. Chaque fois, elle a apporté son message d’espoir. Incarnée dans une famille, elle sait, plus que tout autre, qu’il y a toujours une génération pour prendre la relève. Louis XIV laissant la France aux mains d’un enfant de 5 ans le savait. Son héritier incarnait la jeunesse du monde. La jeunesse de la France sans cesse renouvelée, celle qui porte notre avenir.

Par l’intercession de Saint Louis, protégeons notre pays et transmettons notre héritage à nos enfants.

Merci de m’avoir écouté.

Louis de Bourbon, duc d’Anjou.

25e du mois

25 novembre : fête de Sainte Catherine d'Alexandrie.

Ste Jeanne d'Arc - église Sainte Eugénie à Marne-la-Coquette - Copie.jpg

Sainte Jehanne d'Arc instruite par Saint Michel, Sainte Catherine d'Alexandrie et Sainte Marguerite
(vitrail de l'église de Marnes-la-Coquette)

Reléguée par les modernistes au rang de pieuse affabulation dénuée de toute vérité historique, Sainte Catherine d'Alexandrie, sainte vierge martyre fêtée ce25 novembre, doit cependant être chère au coeur et à la piété de tous les Légitimistes, pour la place qu'elle a tenue auprès de Sainte Jehanne d'Arc et pour le rôle invisible qui fut le sien dans l'oeuvre, spirituelle autant que guerrière, confiée à la bergère de Domremy.

Ainsi que le résume Dom Prosper Guéranger : « On sait comment la Pucelle d'Orléans, placée par Michel Archange sous la conduite des saintes Catherine et Marguerite, reçut d'elles conseil et assistance durant sept années ; comment Sainte-Catherine-de-Fierbois fournit l'épée de la libératrice de la France ».

Quelles sont les raisons secrètes qui ont porté le Conseil divin à envoyer à cette pieuse jeune fille des marches de Lorraine la vaillante martyre d'Alexandrie pour qu'elle soit sa conseillère et son guide ? Il ne nous appartient pas de le savoir... pour le moment du moins ; lorsque nous serons au Ciel, alors cela nous sera révélé en pleine lumière.

Mais les faits sont là, et ces faits nous devons les recevoir et en tirer les conséquences aussi pour nous aujourd'hui : Sainte Catherine d'Alexandrie, qui a été si impliquée dans la geste de Jehanne, ne peut pas - aujourd'hui - être indifférente au sort de la France, ne peut pas - en 2015 - être étrangère au salut de la France, ne peut pas - dans les actuelles heures dramatiques vécues par notre pays - être insensible à la cause de la Légitimité dynastique et politique du Royaume des Lys !

Car, il faut le dire et le redire souvent, Sainte Jehanne d'Arc est la sainte de la Légitimité : la première mission qui lui fut confiée, avant même que de prendre les armes, consistait à rassurer Charles VII sur le fait qu'il était bien le fils légitime du Roi Charles VI (contrairement aux allégations de sa propre mère) et qu'il était donc bien, de ce fait, l'héritier légitime du trône. Toute l'épopée militaire, toutes les victoires, tout le courage rendu aux loyaux sujets pour qu'ils reprennent la lutte, n'ont d'autre but : faire sacrer à Reims le seul et unique légitime héritier de la couronne de France.

Au soir de ce 25 novembre 2015, alors que notre Confrérie Royale vient d'achever son premier trimestre d'existence, recueillons-nous, chers Amis, chers Frères en Légitimité, auprès de Sainte Catherine d'Alexandrie, la "mégalomartyre" (c'est-à-dire la grande martyre) - ainsi que la nomment les liturgies d'Orient : souvenons-nous que c'est dans l'église dédiée à Sainte Catherine, près de l'autel, qu'il a été donné à Jehanne de retrouver l'épée sainte, marquée de cinq croix, que Charles Martel y avait ensevelie dans l'attente de sa mission future.

Splendide et forte leçon pour nous : s'il ne nous est pas demandé - pour le moment du moins - de combattre par la glaive pour le Royaume et pour le Roi légitime, il nous est toutefois bien demandé de mener un combat, et non des moindres.

Le glaive invincible qui doit nous armer porte lui aussi cinq marques sacrées : c'est le Christ crucifié avec Ses saintes Plaies. Ce glaive salutaire qui a déjà victorieusement repoussé tant d'assauts ennemis, nous est donné lorsque nous nous approchons de l'autel, où Notre-Seigneur Jésus-Christ renouvelle Son Saint Sacrifice, où Notre-Seigneur Jésus-Christ est présent dans le saint tabernacle...
Si le Christ n'est pas présent et vivant en nous par la grâce, augmentée et fortifiée par la sainte communion, nos combats sont voués à l'échec ; mais si Jésus est présent et vivant en nous, alors, dans les combats quotidiens (ceux de notre lutte contre le mal et le péché, ceux des petits sacrifices de chaque jour qu'il faut pratiquer avec générosité, ceux de la résistance à l'esprit du monde, et ceux de la difficile persévérance pour ne pas céder aux incessantes insinuations du découragement), alors oui, se vérifiera la magnifique affirmation de Jehanne : "Les hommes d'armes combattront et Dieu donnera la victoire !"

Dans le silence et la ferveur de notre coeur, chacun, en communion avec tous les membres et associés, renouvelons, entre les mains de Monseigneur Saint Michel, de Sainte Jehanne d'Arc, de Sainte Catherine d'Alexandrie et de Sainte Marguerite d'Antioche, nos résolutions et notre engagement dans cette Confrérie Royale, et soutenus par la prière et l'exemple des saints soyons plus que jamais forts dans le service spirituel qui est le nôtre : pour Dieu et pour le Roi !

Frère Maximilien-Marie du Sacré-Coeur

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Post-scriptum : Nous invitons ceux qui n'en auraient pas encore eu connaissance à lire avec la plus grande attention et à méditer le texte du discours que notre Prince a adressé à ses fidèles et à la France, ce 23 novembre 2015 (par exemple ici Louis XX discours du 23/11/2015)

Royaume de Roumanie

Transfert solennel du cœur de la reine Marie de Roumanie

Le cœur de la reine Marie de Roumanie a été solennellement transféré, le 3 novembre dernier, du musée national d’Histoire de Bucarest au château de Pelishor, lors d’une cérémoie présidée par la princesse Maruerite, le prince Radu et la princesse Marie de Roumanie en compagnie de l’archiduchesse Marie-Madeleine d’Autriche-Toscane (fille de la princesse Hélène de Roumanie, fille de la reine Marie) et de son époux le baron François d’Holzhausen.

 

Née princesse de Saxe-Cobourg et Gotha, épouse du roi Ferdinand et grand-mère du roi Michel, la reine Marie décéda en 1938 et avait souhaité que son cœur reposât dans sa chère résidence de Balchik au bord de la Mer Noire. La localité étant passé en Bulgarie après la Seconde Guerre Mondiale, le cœur fut alors transféré au château de Bran jusqu’en 1971, date où le régime communiste l’en retira pour l’entreposer au musée national d’Histoire de Bucarest.

(© : blogue du prince Radu de Roumanie) 

Urne des collections du musée national d’histoire de Bucarest, 
dans lequel le cœur de la reine Marie de Roumanie († 1938), a été déposé.

Tricentenaire de la mort de Louis XIV

Le roi est mort, vive le roi !

         
Ouvrons tous nos yeux
A l'éclat suprême
Qui brille en ces lieux.
Quelle grâce extrême !
Quel port glorieux !
Où voit-on des dieux
Qui soient faits de même ?
(Molière, Les amants magnifiques, 1670)



       Le 1er septembre 1715, voici trois cents ans, Louis XIV s'éteignait dans sa chambre du château de Versailles, après une longue agonie, à quelques jours de son soixante-dix-huitième anniversaire. La mort l'avait frappé, lui, qui semblait immortel, ce "plus grand roi du monde" qui brillait comme le soleil en Europe, qui avait affirmé la puissance de la France sur terre et sur mer, dont le courage n'avait pas connu d'ombre en soixante-douze ans de règne. C'est le même prince, qui avait recueilli à cinq ans le lourd et prestigieux héritage laissé par son père Louis XIII, qui fut confronté très jeune aux troubles de la Fronde ; qui paracheva l’œuvre de son parrain et mentor, Mazarin, lui-même héritier du grand Richelieu ; qui contribua à l'incontestable prestige de la France et à ce rayonnement culturel qui subsiste encore de nos jours, et dont le joyau de Versailles constitue le point d'orgue. 

        Car Versailles est bien la synthèse de la vie et de l’œuvre du grand monarque. Elle est une scène sur laquelle se produit l'Acteur principal de ce grand théâtre de la vie et de la mort, de la paix et de la guerre, des arts et des sciences, des mers et des campagnes, qu'est la France. Théâtre immortalisé par Le Brun sur les plafonds de la galerie des glaces.

         La triple mort du roi


La mort de Louis XIV, par Thomas Jones Henry Barker (vers 1835), musée A.-Lécuyer, Saint-Quentin


        En mourant, Louis XIV apparaît dans une triple dimension. Il meurt comme un roi, entouré des égards dus à son auguste fonction, conscient des devoirs de sa charge et déterminé à transmettre à son successeur, survivant d'une longue suite de deuils, le petit dauphin Louis, âgé de cinq ans, la Couronne et le lourd fardeau de responsabilités qui l'accompagne. Il meurt comme un chrétien, puisque tout ce qu'il a reçu de dignités et de privilèges sont d'abord un don de Dieu ; il s'avance vers les portes de l'éternité, devant lesquelles il devra rendre compte de sa gestion et des fautes qu'il a pu commettre durant sa vie ; il s'offre comme le pauvre homme de la rue aux secours de l’Église pour offrir son mea culpa et rendre à Dieu ce qu'il a reçu. Il meurt comme un homme, car aucun homme, fût-il un nouvel Apollon ou le plus grand monarque de l'univers, ne peut échapper à cette loi brutale et irréformable de la nature.

          Ses derniers moments, comme le soin et les attentions portées à sa dépouille mortelle, seront avant tout marqués par la présence de l’Église catholique, apostolique et romaine, dans laquelle il est né et dans laquelle il meurt, à laquelle il a toujours eu conscience d'appartenir, malgré ses péchés et ses infidélités passées, s'agenouillant comme n'importe quel autre chrétien devant l'autel et ses ministres. La préparation à la mort et les hommages funèbres proprement dits créent une rupture dans la continuité pour la fonction royale. Le roi meurt, il sera roi jusqu'à son dernier souffle, mais il abandonne les prérogatives de sa charge et les honneurs des hommes pour se retrouver seul à seul, accompagné par la prière des siens, c'est-à-dire de sa famille, de sa Cour et de ses humbles sujets, avec le Souverain Maître, le Roi des rois, le juste Juge.

        C'est après avoir reçu les sacrements de l’Église, salué et exhorté ses proches, exposé ses dernières volontés, que l'âme quitte le corps du monarque. "Le roi est mort, vive le roi". Oui, car si le détenteur du pouvoir royal a quitté le monde des vivants, le pouvoir royal demeure et est ipso facto remis au successeur légitime. Pour Louis XIV, il n'y avait pas l'ombre d'un doute malgré les inquiétudes familiales de ses dernières années de règne. Un enfant petit et fragile lui succède, mais qu'importe, la monarchie est sauve, la France est soulagée, comme au moment même de sa naissance, le 5 septembre 1638, qui fut vécue par tous les Français, des palais comme des chaumières, comme un don de Dieu. Le prénom de Louis-Dieudonné ne lui fut-il pas attribué ? Le don de Dieu est toujours présent, malgré les fautes et les faiblesses personnelles du monarque : "Je m'en vais, mais l’État demeurera toujours". Car il lui faut céder la place, en toute humilité, et transmettre ce qu'il a lui-même reçu, tout en consolant ses proches, comme ses valets en larmes près de son lit de souffrances : "Pourquoi pleurez-vous, est-ce que vous m'avez cru immortel ?". Ces paroles seront reprises par l'oratorien Jean-Baptiste Massillon dans son éloge funèbre du défunt roi.

        Louis XIV est mort. Les médecins en font l'attestation. Le curé le note dans son registre, à la date du 9 septembre. Une notice émouvante. Louis XIV succède à Jean-Louis Le Roy, un nourrisson, fils d'un marchand du Petit Montreuil. La mort est la seule égalité authentique et indiscutable. Le registre atteste de cette profonde vérité.

         Pompes royales et magnificence funèbre


        Autour de la dépouille du monarque va se développer tout un apparat régi par des règles aussi strictes que cette étiquette qu'il a lui-même codifiée avec soin pour la Cour. Ces "pompes funèbres" ne datent pas d'hier. Les rites funéraires égyptiens ou perses ne manifestaient-ils pas déjà, tous païens qu'ils étaient, l'universalité de cette croyance en l'au-delà et du respect à porter envers les morts.





         La foi chrétienne a donné à ces rites une nouvelle dimension, celle de l'espérance de la Résurrection, fondée dans le mystère de la Résurrection du Christ. Tout l'apparat funèbre, au-delà d'une certaine tristesse et de la réalité de la mort mise en scène par l'art funéraire, est profondément marqué par cette espérance du ciel.

          La dépouille mortelle du roi est d'abord remise entre les mains des embaumeurs, chargés de préparer soigneusement son corps et d'ôter, selon le vieil usage, les viscères et le cœur, qui seront précieusement conservés dans des vases déposés dans une église ou un sanctuaire cher au monarque défunt. Puis le corps est exposé solennellement sur le lit d'apparat de la chambre du roi, devant lequel les foules de courtisans vont défiler pour déposer leurs hommages. C'est aussi dans cette chambre que prélats, prêtres et religieux vont continuer leurs prières, récitant le touchant Office des morts. Au fil des psaumes récités avec simplicité et gravité, l'âme du roi est confiée à la miséricorde de Dieu. Le De profundis est le cri de l'âme qui implore le Seigneur d'écouter son appel et de lui ouvrir les portes du Ciel.

         Pendant ce temps, la Cour a pris les vêtements du deuil. Des couleurs sombres, des ornements dépouillés de fioritures, remplacent les habits somptueux des fêtes. Ces détails du vêtement ne sont pas anodins. Ils sont l'expression de la peine liée à la mort d'un être cher. Le roi est le père de tous ses sujets. Les Français ont perdu leur père et manifestent leur tristesse filiale. La chambre royale est tendue de tapisseries noires brodées d'argent, où les fleurs de lys, symbole de la continuité monarchique, sont représentées en nombre. Ce même apparat se manifestera dans le cortège funèbre qui conduira, le 9 octobre suivant, le cercueil du défunt roi vers sa dernière demeure, le tombeau de ses ancêtres, en l'église royale de Saint-Denis.




        Magnificence et simplicité sont les deux caractères de ces pompes funèbres royales. Conscient de la difficile situation économique de la France, et tirant des leçons de ses prodigalités d'hier, Louis XIV avait mis un point d'honneur à ce qu'on ne fasse pas de dépenses extravagantes à l'occasion de ses funérailles. On aura beau chercher partout un tombeau à l'image de la grandeur de son règne, on se fourvoiera purement et simplement ! Le discret monument qui lui fut plus tard élevé dans la crypte de Saint-Denis en est la preuve.

        Sous les voûtes de l'abbatiale, tout un décorum fut installé, comme des décors pour l'ultime scène d'un théâtre funèbre. Rien de surprenant, car cela fait partie de ces "pompes" que nous avons oublié de nos jours, et qui, loin de célébrer la gloire du défunt, célébraient celle de Dieu, maître de la vie et de la mort.


      La Messe de requiem fut enfin chantée pour accompagner le grand monarque vers le Royaume éternel. Puis son corps fut déposé dans la fosse, qui nous rappelle que "tout est vanité", comme le disait l'Ecclésiaste, lecture chère au défunt prince. Le règne de Louis XV commencera par le traditionnel deuil, qui dura plusieurs mois, un moyen de rappeler à tous la présence de son prédécesseur et de méditer sur le but de la vie de tout homme, y compris d'un roi.


        Une exposition pour retrouver le sens de la mort


      Une exposition intitulée "Le roi est mort", commémorant le tricentenaire de la mort de Louis XIV, est proposée au château de Versailles jusqu'au 21 février 2016. Un évènement à ne pas manquer ! Une présentation surprenante et enrichissante de cet apparat qui entourait les funérailles royales en France, avec de nombreux objets rassemblés et décors restitués.

      N'oublions pas que Nunquam retrorsum voit aussi dans cette exposition un moyen de toucher les intelligences et les cœurs. Les funérailles royales ne nous mettent-elles pas la réalité de la mort devant nos yeux ? Nous vivons dans un monde qui cherche de plus en plus à occulter la mort. Et pourtant, nous n'avons jamais connu société aussi morbide. La culture ambiante est imprégnée de cet esprit peu attrayant pour des âmes sensées... En contemplant les pompes funèbres de jadis, nous sommes loin des profanations quotidiennes de cimetières, de l'athéisme forcené qui veut tirer un trait sur l'au-delà, mais aussi de ce refus contradictoire de la mort. Les gesticulations annuelles autour de l'évènement commercial "Halloween" illustrent bien cette popularisation de refus de la mort. On se moque de la mort en prétendant qu'elle ne fait pas peur. Et pourtant, dès que les excitations d'un soir sont envolées, et que la mort entre de nouveau de plain-pied dans notre existence, nous avons peur et nous fuyons. Pourquoi ? Parce que nous n'avons plus la foi en la résurrection et dans le bonheur éternel promis par Dieu, parce que nous n'avons plus l'espérance qui fixe nos yeux vers l’Éternité, parce que nous n'avons plus de charité authentique vis-à-vis de nos défunts, en priant pour eux et en fleurissant leur tombe.

        En outre, s'il y a un problème religieux à la base, il y a aussi un problème d'éducation. Comment parler de la mort aux plus jeunes lorsqu'elle se produit dans la famille ? Là encore, il faut savoir trouver les mots. Et ces mots sont d'abord et avant tout des mots d'espérance, ces mots chantés par la Messe de Requiem, dans ses mélopées grégoriennes comme dans ses interprétations polyphoniques (Campra et Biber nous plongeant dans l'ère baroque, et plus tard Mozart, Cherubini ou Fauré). Et puis, enfin, si on parle toujours aujourd'hui de "pompes funèbres", nous sommes loin des pompes de jadis. Que dire, dans la plupart de nos églises, des cérémonies au rabais, où le panégyrique du défunt remplace une homélie sur l'éternité, où les chansonnettes à deux sous ont pris la place du Subvenite et du Dies irae, où les "laïcs engagés" se sont substitués aux prêtres revêtus des beaux ornements noirs brodés d'argent ? Tout cela avait du sens jadis, pourquoi n'en aurait-il plus aujourd'hui ? La froideur administrative des funérailles "laïques", entre les salons glaciaux de certains centres funéraires et le tapis roulant du crematorium, n'aurait-elle pas suffi à prendre conscience de ce grave problème de l'occultation des cérémonies autour de la mort ? Il serait donc peut-être temps de réfléchir sérieusement sur l'importance de cette pompe qui doit entourer nos morts, pour toucher de douceur les cœurs attristés et élever les âmes vers Dieu. Il s'agit là d'une véritable mission apostolique !

21 novembre

Fête de la Présentation de Notre-Dame

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En France : 
Rénovation des promesses cléricales
selon la belle tradition de l'Ecole française de spiritualité,
initiée par M. Olier en 1650











In R.P. Dubosq (René) : Les étapes du Sacerdoce.

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40e anniversaire du rappel à Dieu du Général Franco


Francisco Franco

"20 de noviembre"
Requiem pour le Généralissime

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« Generalísimo Francisco Franco, 
Caudillo de España por la Gracia de Dios ».




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Testament du Généralissime

Au moment où arrive pour moi l’heure de rendre ma vie au Très-Haut et de comparaître devant son Jugement sans appel, je demande à Dieu de m’accueillir avec bonté en sa Présence, car j’ai voulu vivre et mourir en catholique. Mon honneur est dans le nom du Christ, et ma volonté a été constamment d’être un fils fidèle de l’Eglise, dans le sein de laquelle je vais mourir.

Je demande pardon à tous, comme je pardonne de tout coeur à tous ceux qui se déclarèrent mes ennemis, sans que je les tinsse pour tels. Je crois et je désire ne pas en avoir eu d’autres que ceux qui le furent de l’Espagne, Patrie que j’aime jusqu’au dernier moment et que j’ai promis de servir jusqu’à mon dernier souffle, que déjà je sais proche.

Je veux remercier tous ceux qui ont collaboré avec enthousiasme, désin­téressement et abnégation à la grande entreprise de faire une Espagne unie, grande et libre.

Pour l’amour que je ressens envers notre Patrie, je vous demande de per­sévérer dans l’unité et la paix et d’entourer le futur Roi d’Espagne, Don Juan Carlos de Borbón, de la même affection et loyauté que vous m’avez offert et de lui offrir, à tous moments, le même appui de collaboration que j’ai reçu de vous.

N’oubliez pas que les ennemis de l’Espagne et de la Civilisation chré­tienne sont en alerte. Veillez, vous aussi, et dans ce but abandonnez, face aux suprêmes intérêts de la Patrie et du peuple espagnol, tout projet personnel.

Efforcez-vous d’atteindre la justice sociale et de donner la culture à tous les hommes d’Espagne, et faites de cela votre objectif primordial.

Maintenez l’unité des terres d’Espagne, exaltant la riche multiplicité de ses régions, comme source de la solidité de l’unité de la Patrie.

Je voudrais, en mon dernier moment, unir les noms de Dieu et de l’Espagne, et vous embrasser tous, pour que nous criions ensemble, pour la dernière fois, sur le seuil de ma mort :

Debout l’Espagne ! Vive l’Espagne ! (¡Arriba España ! ¡Viva España !).

franco église catholique 1

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Au mariage des parents de S.M. Louis XX, dont il est le bisaïeul : Alphonse II et Dona Carmen, fille de la duchesse de Franco.
Armoiries du général Franco avant 1940.
Chef d'Etat.
De profundis clamavi ad te, Domine, Domine, exaudi vocem meam.
Fiant aures tuæ intendentes in vocem deprecationis meæ.
Si iniquitates observaveris, Domine, Domine, quis sustinebit ?
Quia apud te propitiatio est, et propter legem tuam sustinui te, Domine.
Sustinuit anima mea in verbo ejus, speravit anima mea in Domino.
A custodia matutina usque ad noctem, speret Israël in Domino.
Quia apud Dominum misericordia, et copiosa apud eum redemptio.
Et ipse redimet Israël ex omnibus iniquitatibus ejus.
Requiem aeternam dona eis Domine, et lux perpetua luceat eis.

V/ A porta inferi.
R/ Erue, Domine, animam ejus.

V/ Requiescat in pace. 
R/ Amen.

V/ Domine exaudi orationem meam.
R/ Et clamor ad Te veniat.

Oremus.

Quaesumus Domine pro tua pietate miserere famuli tui Francisci : et a contagiis mortalitatis exutum, in aeternae salvationis partem restitue. Per Christum Dóminum nostrum. R/ Amen.



Une Messe de Requiem, suivie de l'Absoute, sera célébrée le vendredi 28 novembre 2015 à 18h30 en la chapelle du Sacré-Coeur (12 rue du Mal Joffre) de Vichy pour le repos de son âme.
(Faites-nous connaître les autres célébrations organisées  à cette occasion)